
La source tombait du rocher
Goutte à goutte à la mer affreuse.
L’Océan, fatal au rocher,
Lui dit : « Que me veux-tu, pleureuse ?
Je suis la tempête et l’effroi ;
Je finis où le ciel commence.
Est-ce que j’ai besoin de toi,
Petite, moi qui suis l’immense ? »
La source dit au gouffre amer :
« Je te donne, sans bruit ni gloire,
Ce qui te manque, ô vaste mer !
Une goutte d’eau qu’on peut boire. »
Victor Hugo, Les Contemplations (1854)











