Archives par catégorie : Divers

Sans l’Europe… (humeur)

Faisons une expérience de pensée. Un exercice fort banal : imaginez qu’à une télévision nationale russe, il y ait, lors d’un journal télévisé, une partie consacrée à une série de mini-reportages sous le thème « sans Vladimir (Vladimirovitch) Poutine, ça n’existerait pas ». Vous seriez prêt à qualifier ceci de propagande : télévision d’état, mise en valeur d’une idée, aucune contradiction. Évident, simple, idiot me direz-vous, au point de vous demander si je vous mène en bateau.

 

Inversons l’idée : supposez que vous êtes en Russie, et que vous entendiez un jour parler d’un JT européen qui, en seconde partie, aie une série de mini-pseudo-reportages ayant un petit bandeau « sans l’Europe ça n’existerait pas ». L’esprit est similaire à celui du JT vladimirophile : une idée monolithique, tout d’un bloc. Toujours pas de contradiction.

 

Je ne sais pas comment vous définissez le concept de propagande. Mais honnêtement, je ne suis pas sûr qu’il y ait une différence fondamentale entre les deux JT susmentionnés. Sauf sur un point : le premier n’est, à ma connaissance, que fictif. Le second, vous auriez pu le voir ce samedi 3 mai sur France 2.

 

Comme il s’agit d’un simple billet d’humeur, je vous laisse méditer sur la chose.

 

En ce qui me concerne, le journal télévisé n’a de journal que l’aspect quotidien. Le reste a été balancé aux orties il y a longtemps déjà. Ce qui me frappe le plus, c’est l’absence de dialogue : je ne dis pas que les idées sont fausses, je dis qu’il est préférable de les confronter plutôt que de les brandir en aveugle.

 

 

Bonne fin de week-end,

Al.

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Alcuinn sur Facebook : version de test

  Un petit mot pour vous dire qu’il existe une page facebook toute fraîche, extension du contenu ici présent. Il n’est pas question de basculer là-bas, simplement de diversifier un peu. Ça reste expérimental pour l’instant.

  Comme je reste attentif à ce qu’on fait de mes données, j’utilise l’outil TOR pour m’y connecter. Ce n’est sûrement pas parfait, mais c’est clairement mieux que rien. (explications en français).

  Il faudra que je vous parle de cet univers-là un de ces jours… En attendant, je prépare le prochain papier sur Snowden.

  À bientôt donc.

 

Al.

 

Ps: une petite anecdote. Utilisant TOR, mon adresse IP apparente a probablement changé plusieurs fois pendant la création du compte. Facebook ayant trouvé (au moins) ces choses louches, j’ai été sommé au bout d’une heure et demie de prouver que j’existais. Facebook étant « réservé aux personnes réelles« , quelque chose comme ça. La preuve se faisant par un SMS envoyé sur mobile, duquel il faut fournir un numéro. Problème, je ne veux en aucun cas lier mon activité en ligne à « tout le reste ». J’ai fini par dégotter un mobile utilisé à l’étranger, sans nom attaché. Pas évident de garder l’anonymat, surtout dans cette parcelle du Net…

Lumières

Quelques images prises il y a un an ou deux, à cette même période de l’année.

1a_s1b_s 1c_s(faites clic-clic pour les voir en entier)

Joyeux Noël à ceux qui le fêtent, et joyeuses fêtes à tout le monde !

Al.

Réseaux de fer, 2/6 : Musset

  Quatorze années se sont écoulées depuis l’écriture de la Parabole, et le saint-simonisme, malgré le décès de son fondateur, est loin de s’éteindre : la religion qui en a émergé est à son point culminant. Quant aux idées, il faudra attendre le marxisme pour qu’elles soient fondamentalement remises en question. Donc, pour la période qui nous intéresse, il ne faudra pas oublier la prégnance du saint-simonisme.

 

  Pour en revenir au chemin de fer et au progrès technique, voilà ce qu’en pense Musset :

 

 

Vous vouliez faire un monde. – Eh bien, vous l’avez fait.
Votre monde est superbe, et votre homme est parfait !
Les monts sont nivelés, la plaine est éclaircie ;
Vous avez sagement taillé l’arbre de vie ;
Tout est bien balayé sur vos chemins de fer,
Tout est grand, tout est beau, mais on meurt dans votre air.

 

(Extrait de Rolla, 1833) (suite…)

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Relation et naufrages – XXXV

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CHAPITRE XXXV.

 

 

Comment nous fûmes reçus par l’alcade major le soir de notre arrivée.

 

  Aussitôt que l’alcade major fut instruit que nous arrivions, il se mit en route et il vint où nous étions. Il pleura abondamment avec nous, et rendit grâces à Dieu notre Seigneur, de la grande miséricorde dont il avait usé à notre égard. Il nous parla, nous traita avec beaucoup de bonté, et nous offrit au nom de Nuno de Guzman et du sien tout ce qu’il possédait. Il parut très sensible au mauvais accueil et aux mauvais traitements que nous avions reçus d’Alcaraz et de ses compagnons. Je suis certain que si ce dernier eût été présent, il aurait cherché à se disculper de sa manière d’agir envers nous et envers les Indiens. (suite…)

Relation et naufrages – XXXIII, XXXIV

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CHAPITRE XXXIII.

 

 

Nous voyons des traces de chrétiens.

 

  Aussitôt que nous eûmes aperçu des indices certains de la présence des chrétiens, et que nous sûmes qu’ils étaient si près de nous, nous rendîmes au Seigneur des grâces infinies, pour avoir daigné nous retirer d’une captivité si cruelle et si misérable. Chacun, en réfléchissant au temps que nous étions restés dans ce pays, ainsi qu’aux dangers et aux maux que nous avons éprouvés, peut se faire une idée de la joie que nous en ressentîmes.

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Relation et naufrage – XXXII.2

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  Nous parcourûmes une grande distance déserte; les habitants s’étaient enfuis dans les montagnes, en abandonnant leurs cultures dans la crainte des chrétiens. Ce fut pour nous un chagrin cruel de voir un pays si fertile, si beau, si bien arrosé de ruisseaux et de rivières, et de ne trouver que des villages abandonnés, réduits en cendres, et quelques habitants décharnés, malades et fugitifs. Comme ils ne pouvaient cultiver la terre, ils assouvissaient leur faim avec des écorces d’arbres et des racines.

(suite…)

Relation et naufrage – XXXII.1

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CHAPITRE XXXII.

 

Note : c’est peut-être bien le chapitre le plus important du récit. Voyez donc…

 

On nous donne des cœurs de cerfs.

 

  Dans le village où l’on nous fit présent des émeraudes, on donna à Dorantes plus de six cents cœurs de cerfs ouverts (coraçones de venados abiertos), dont ils ont toujours de grandes provisions pour leur nourriture, ce qui fit que nous appelâmes cet endroit le village des Cœurs (elpueblo de lus coraçones).

(suite…)

  Je vais faire une pause dans la publication d’articles pendant quelques temps. Ça me donnera l’occasion de réfléchir un peu à ce que je veux, vais, peut faire ici. J’envisage quelques choses nouvelles, plus sérieuses peut-être. J’aurai l’occasion d’en reparler :)

Relation et naufrages – XXXI

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CHAPITRE XXXI.

 

 

Nous voyageons dans la direction du maïs.

 

  Après deux journées de halte, nous nous déterminâmes à chercher le pays du maïs. Nous ne voulûmes pas prendre la route où les Indiens tuent leurs vaches , parce que c’était vers le nord, et cela nous aurait fait faire un grand détour. Nous étions persuadés qu’en marchant continuellement vers le couchant, nous parviendrions où nous voulions aller. Nous traversâmes toute la contrée jusqu’à la mer du Sud. La crainte de la famine ne nous détourna pas de ce dessein ; en effet, nous souffrîmes beaucoup de la faim pendant les dix-sept jours dont on nous avait parlé. Tout le long de la rivière, les habitants nous donnèrent beaucoup de manteaux en cuir de vache.

(suite…)