Archives par catégorie : Relation et naufrages

Relation et naufrages – XXXV

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CHAPITRE XXXV.

 

 

Comment nous fûmes reçus par l’alcade major le soir de notre arrivée.

 

  Aussitôt que l’alcade major fut instruit que nous arrivions, il se mit en route et il vint où nous étions. Il pleura abondamment avec nous, et rendit grâces à Dieu notre Seigneur, de la grande miséricorde dont il avait usé à notre égard. Il nous parla, nous traita avec beaucoup de bonté, et nous offrit au nom de Nuno de Guzman et du sien tout ce qu’il possédait. Il parut très sensible au mauvais accueil et aux mauvais traitements que nous avions reçus d’Alcaraz et de ses compagnons. Je suis certain que si ce dernier eût été présent, il aurait cherché à se disculper de sa manière d’agir envers nous et envers les Indiens. (suite…)

Relation et naufrages – XXXIII, XXXIV

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CHAPITRE XXXIII.

 

 

Nous voyons des traces de chrétiens.

 

  Aussitôt que nous eûmes aperçu des indices certains de la présence des chrétiens, et que nous sûmes qu’ils étaient si près de nous, nous rendîmes au Seigneur des grâces infinies, pour avoir daigné nous retirer d’une captivité si cruelle et si misérable. Chacun, en réfléchissant au temps que nous étions restés dans ce pays, ainsi qu’aux dangers et aux maux que nous avons éprouvés, peut se faire une idée de la joie que nous en ressentîmes.

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Relation et naufrage – XXXII.2

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  Nous parcourûmes une grande distance déserte; les habitants s’étaient enfuis dans les montagnes, en abandonnant leurs cultures dans la crainte des chrétiens. Ce fut pour nous un chagrin cruel de voir un pays si fertile, si beau, si bien arrosé de ruisseaux et de rivières, et de ne trouver que des villages abandonnés, réduits en cendres, et quelques habitants décharnés, malades et fugitifs. Comme ils ne pouvaient cultiver la terre, ils assouvissaient leur faim avec des écorces d’arbres et des racines.

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Relation et naufrage – XXXII.1

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CHAPITRE XXXII.

 

Note : c’est peut-être bien le chapitre le plus important du récit. Voyez donc…

 

On nous donne des cœurs de cerfs.

 

  Dans le village où l’on nous fit présent des émeraudes, on donna à Dorantes plus de six cents cœurs de cerfs ouverts (coraçones de venados abiertos), dont ils ont toujours de grandes provisions pour leur nourriture, ce qui fit que nous appelâmes cet endroit le village des Cœurs (elpueblo de lus coraçones).

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Relation et naufrages – XXXI

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CHAPITRE XXXI.

 

 

Nous voyageons dans la direction du maïs.

 

  Après deux journées de halte, nous nous déterminâmes à chercher le pays du maïs. Nous ne voulûmes pas prendre la route où les Indiens tuent leurs vaches , parce que c’était vers le nord, et cela nous aurait fait faire un grand détour. Nous étions persuadés qu’en marchant continuellement vers le couchant, nous parviendrions où nous voulions aller. Nous traversâmes toute la contrée jusqu’à la mer du Sud. La crainte de la famine ne nous détourna pas de ce dessein ; en effet, nous souffrîmes beaucoup de la faim pendant les dix-sept jours dont on nous avait parlé. Tout le long de la rivière, les habitants nous donnèrent beaucoup de manteaux en cuir de vache.

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Relation et naufrages – XXX.2

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  Les femmes et deux des nôtres devaient aller chercher les habitants et les amener sur notre chemin, afin qu’ils nous reçussent. Le lendemain les plus vigoureux partirent avec nous. Après trois journées de marche nous nous arrêtâmes. Le lendemain Alonso del Castillo et Estevanico, le noir, se mirent en marche, en emmenant les deux femmes pour guides. L’une d’elles, qui était une esclave , nous conduisit à une rivière qui coulait entre des montagnes, dans un endroit où était établi un village que son père habitait. Ces demeures étaient les premières que nous eussions vues dans ce pays qui ressemblassent à des maisons, et qui en méritassent le nom. Castillo et Estevanico y étant arrivés, parlèrent avec les habitants.

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Relation et naufrages – XXX.1

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CHAPITRE XXX.

 

 

Les Indiens changent leur manière de nous recevoir.

 

  A partir de cet endroit, les naturels ne nous reçurent plus de la même manière, pour ce qui se rapporte au pillage. Comme ceux qui venaient au devant de nous, nous apportaient différents objets, les autres ne les volaient pas, et lorsque nous entrions dans les maisons, les habitants nous offraient ce qu’ils possédaient, et même leurs maisons. Nous remettions tout ces présents aux chefs afin qu’ils en fissent le partage. Ceux qui étaient dépouillés de leur avoir se mettaient à notre suite, ce qui était cause que beaucoup de monde nous suivait, afin de réparer leurs pertes. Les arrivants disaient aux autres naturels de ne rien cacher de leurs biens, parce que nous le saurions, que le soleil nous avertirait de leurs actions, et que nous les ferions mourir.

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Relation et Naufrage – XXIX

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CHAPITRE XXIX.

 

 

Comment les Indiens se volent entre eux.

 

  Après les avoir bien instruits de ce qu’ils avaient à faire, les Indiens nous laissèrent chez nos hôtes, qui, se ressouvenant de la leçon qu’on leur avait faite, commencèrent à nous traiter avec le même respect et la même crainte que les premiers. Nous voyageâmes pendant trois jours avec eux : ils nous conduisirent dans un pays très peuplé. Avant notre arrivée ils allèrent prévenir les habitants, et racontèrent tout ce qu’ils avaient appris sur nous, renchérissant encore sur ce qu’ils savaient. Tous ces Indiens aiment beaucoup les contes et sont très menteurs, surtout quand cela leur profite.

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Relation et naufrages – XXVIII

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CHAPITRE XXVIII.

 

 

Les naturels qui nous accompagnent changent de manière d’agir.

 

  Nous quittâmes ces Indiens et nous nous rendîmes à un grand nombre de cabanes, où les naturels qui voyageaient avec nous tinrent une conduite toute nouvelle. Les habitants nous reçurent le mieux du monde; alors les nôtres commencèrent à les maltraiter, ils leurs prenaient ce qu’ils possédaient et ne laissaient rien dans leurs maisons. Nous fûmes extrêmement peinés de voir traiter ainsi des gens qui nous accueillaient si bien, craignant que cette manière d’agir n’occasionnât des querelles ; mais nous ne pouvions l’empêcher, et nous n’osions pas punir les coupables. Nous fûmes donc obligés de le supporter, jusqu’à ce que nous eussions acquis plus d’autorité sur eux.

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Relation et naufrages, XXVII

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CHAPITRE XXVII.

 

 

Nous changeons de pays et nous sommes bien reçus.

 

  Après avoir laissé les Indiens tout en larmes, nous suivîmes les autres naturels, et nous allâmes à leurs cabanes. Ceux que nous y trouvâmes nous reçurent fort bien, et nous amenèrent leurs enfants pour que nous les bénissions. Ils nous donnèrent beaucoup de farine de mesquiquez; c’est un fruit qui ressemble aux caroubes, lorsqu’il est sur l’arbre. Il est fort amer : on le mange mêlé avec de la terre, alors il est doux et fort bon.

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