Archives par catégorie : Déconstructions

Centrafrique

 

  De retour derrière le clavier, je vais petit à petit reprendre les publications habituelles. Je vous expliquerai un peu ce qu’il s’est passé dans un autre post.

 

  Le sujet du jour, donc, sera la Centrafrique. Ce petit pays isolé de tout, dont on s’est subitement rappelé l’existence ces dernières semaines. Vous situez sûrement où cela se trouve, je me permet d’agrémenter avec une statistique toute simple :

 

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Discours de crise – 2.

  Nous en étions à la crédibilité de l’Europe. Plus que de crédibilité, il s’agit de « foi ». Pour cela, le « cap » fixé par le capitaine est le suivant : « rééquilibrer les comptes publics, redresser la production française et réduire le chômage. » Encore trois points, on va finir par s’en lasser. Notez que ce sont quand même des objectifs ambitieux.

 

  Alors il détaille. C’est quelque chose d’important, il s’y attarde : rien de plus normal. On notera donc que redresser les comptes est (sans surprise) une obligation, triple (encore) : « financière », « morale », « de souveraineté ». Évoquer la souveraineté juste après le passage sur l’Europe, il fallait oser le paradoxe. Mais cela ne choque pas… ainsi soit-il. Une seconde évocation de la morale, même remarque de ma part.

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Discours de crise – 1.

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  Pour cette série là, je ne prendrai qu’un seul discours, suffisamment long en lui-même : celui prononcé par Hollande à Dijon il y a peu. (Promis, les prochaines fois je prendrai un autre locuteur, soit passé, soit non-français). 8 pages de discours, c’est qu’il y avait beaucoup de choses à dire. Si cela vous intéresse, vous pouvez le lire en intégralité sur le site de l’Élysée, mais je vous préviens, il est plutôt indigeste.

 

  Je vais donc suivre de point en point le contenu du discours, raccourcir la chose, et essayer d’en tirer quelque chose de clair. Le tout en deux (ou trois) parties ; aujourd’hui et demain.

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Discours de guerres – 3.

< Avant : les discours, la forme

Les faits.

 

  Il s’agit d’annonces a posteriori : pas pour dire que nous allons entrer en guerre, pas pour demander s’il est possible de la faire. Non, le but premier est informatif : « Au fait, nous sommes entré en guerre. » Nous fûmes derniers consultés, derniers informés. Les décisions sont probablement plus sereines en comité restreint.

 

  Mais dans le fond, ce n’est pas vraiment l’affaire des citoyens. Leur rôle n’est pas de choisir, mais d’accepter la chose.

 

  Cela, on a fini par s’en douter.

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Discours de guerres – 2.

< Avant : les discours. Après : le fond >

 Dans nos trois discours, on remarque un certain nombre de traits communs : sont-ce des traits essentiels à tous discours de ce type, ou traduisent-ils les tendances du moment ? Pour le savoir, il faudrait se pencher sur les discours d’après-guerre, voire du début du siècle.

 

 Il y a d’autres questions plus importantes. Notamment, sur les enjeux des textes : comment dire au peuple qu’une guerre a été déclarée, et comment lui faire croire que c’est une chose bonne. Ici, la forme a autant d’importance que le fond, mais la première est plus facile à appréhender que le second, donc nous en parlerons dans cet ordre.

 

 

 Sur les personnes, pour commencer : dans les trois cas, nous avons l’image de personnes usées, fatiguées : l’exercice du pouvoir ne doit pas être chose reposante. A cette fatigue courante, on peut supposer la peine supplémentaire d’avoir à prendre des décisions d’ordre militaire, dont la portée leur est relativement inconnue. Cela doit marquer, mais il faut croire que l’usage du pouvoir n’est pas si nocif, puisqu’ils semblent s’y attacher.

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Un mot sur la Corée du Nord

  Le 12 février, nous apprenions que la Corée du nord avait procédé à un essai nucléaire, le troisième après ceux de 2006 et de 2009. Essai semble-t-il fructueux, qui a été, on le sait, vivement et unanimement condamné par la communauté internationale. Même Pékin y a mis du sien, et c’est peut-être là la nouveauté.

 

  Du côté des condamnations, en substance, il n’y a rien de neuf : il s’agit juste d’affirmer le désaccord desdits pays, sans généralement aller au-delà. En substance, cela ressemble aux condamnations envers le régime syrien : des mots surtout – diplomatiques ceci dit, et donc non dénués d’importance – et quelques actions éparses.

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Le prix de l’Europe

  C’est une question que j’ai promis d’évoquer dans un des derniers articles. Quel est le prix de l’Europe ? Qu’est-ce qu’elle prend, en échange de ce qu’elle offre ? Car, il ne faut pas s’y tromper, on n’a rien sans rien – en politique encore plus qu’ailleurs. Tout a son prix, et c’est pourquoi il est intéressant de considérer l’établissement de l’Europe comme un contrat.

 

  Ceci dit, les parties du contrat ne sont pas les dirigeants d’un côté, et les peuples de l’autre : ce serait trop simple. Il me semble qu’au contraire, c’est une entente entre les pouvoirs en place, par eux et pour eux. L’opinion des citoyens interviendra plus tard. Pour esquiver cette question gênante, on va admettre – pour l’instant – que les parties prenantes seront les gouvernements accompagnés de leurs opinions publiques respectives.

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La communauté selon Proudhon

  Je n’ai pas la possibilité de vous écrire quelque chose de complet. Néanmoins, pour ne pas vous laisser dans la plus grande affliction, je vous copie ici un extrait de la Théorie de la propriété de Proudhon.

 

  « En deux mots, il n’y a d’autorité légitime que celle qui est librement subie, comme il n’y a e communauté utile et juste que celle à laquelle l’individu donne son consentement. Ceci posé, nous n’avons plus qu’un chose à faire : c’est de rechercher pour quelles causes l’individu peut retirer son consentement à la communauté.

 

  L’homme est doué d’intelligence ; il a de plus une conscience, qui lui fait discerner le bien du mal ; il possède enfin le libre arbitre. Ces trois facultés de l’âme humaine, l’intelligence, la conscience, la liberté, ne sont pas des vices, des déformations causées à notre âme par l’esprit du mal : c’est par elles, au contraire, que, selon la religion, nous ressemblons à Dieu ; et c’est à elles que la communauté ou autorité publique fait appel, quand elle nous intime ses décrets, distribue ses justices et châtiments. La responsabilité que la loi nous impose est le corollaire de notre libre arbitre.

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Confiance en l’État.

  Vous aurez sûrement remarqué, au fil des articles qui s’égrènent ici, un facteur commun : je n’y considère pas l’État comme une entité solide, sûre ni fiable. En revanche, je n’ai jamais pris la peine, me semble-t-il, de détailler ce point. Chose à laquelle je vais m’atteler aujourd’hui.

 

 

  Commençons d’abord, par décrire la chose – l’État – au moins brièvement. Est-ce une entité ? Oui, mais pas que. Sous ce nom d’identité, on a déjà le concept d’unité : l’État est – serait – le même quel que soit l’angle sous lequel on le regarde. C’est en son nom que sont exercés les pouvoirs qui nous régissent – pouvoirs que, dans notre grande majorité, nous jugeons légitimes.

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Légitimité

 

  Parlons économie pour commencer. Les agences de notations, les banques, le FMI et un certain nombre d’autres institutions occupent l’actualité à intervalles réguliers. Les sommets de la dernière chance, les changement de notations, la vie qui se dégrade en Grèce et en Espagne… Vous en savez autant que moi là-dessus, on nous donne de l’ « information » à outrance sur ces sujets.

 

  Remarquez une chose : lorsqu’une agence de notation dégrade la note d’un pays, il paraît de bon ton de s’interroger sur sa légitimité, son pouvoir, son rôle, etc. C’est ce que font, d’une part, les politiques au pouvoir (« ça n’est pas vraiment important, vous savez ») et d’autre part le journaliste politiquement non aligné – les autres, ça dépend.

 

  En revanche, l’autorité et la légitimité de choses institutionnelles, comme la BCE, la commission Européenne ou le FMI sont, elles, acquises. Personne pour soulever ces questions, peut-être simplement à cause de cet aspect pouvoir établi. Dans le fond, ça n’est pas très cohérent : soit on admet le pouvoir établi, soit on le remet en question – et celui des agences de notation est tout à fait réel.

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