Mot-clef : crise

Discours de crise – 1.

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  Pour cette série là, je ne prendrai qu’un seul discours, suffisamment long en lui-même : celui prononcé par Hollande à Dijon il y a peu. (Promis, les prochaines fois je prendrai un autre locuteur, soit passé, soit non-français). 8 pages de discours, c’est qu’il y avait beaucoup de choses à dire. Si cela vous intéresse, vous pouvez le lire en intégralité sur le site de l’Élysée, mais je vous préviens, il est plutôt indigeste.

 

  Je vais donc suivre de point en point le contenu du discours, raccourcir la chose, et essayer d’en tirer quelque chose de clair. Le tout en deux (ou trois) parties ; aujourd’hui et demain.

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Le prix de l’Europe

  C’est une question que j’ai promis d’évoquer dans un des derniers articles. Quel est le prix de l’Europe ? Qu’est-ce qu’elle prend, en échange de ce qu’elle offre ? Car, il ne faut pas s’y tromper, on n’a rien sans rien – en politique encore plus qu’ailleurs. Tout a son prix, et c’est pourquoi il est intéressant de considérer l’établissement de l’Europe comme un contrat.

 

  Ceci dit, les parties du contrat ne sont pas les dirigeants d’un côté, et les peuples de l’autre : ce serait trop simple. Il me semble qu’au contraire, c’est une entente entre les pouvoirs en place, par eux et pour eux. L’opinion des citoyens interviendra plus tard. Pour esquiver cette question gênante, on va admettre – pour l’instant – que les parties prenantes seront les gouvernements accompagnés de leurs opinions publiques respectives.

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Hollande et la fin de crise

  Dans une interview menée le 17 octobre, notre président a déclaré la chose suivante : « Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près. » Étrange, non ? Est-il à ce point confiant dans les politiques menées actuellement ? Pense-t-il que le dernier sommet européen de la dernière chance est réellement le dernier ? Ou, plus simplement, prend-il ses concitoyens pour des idiots? Ce sont de premières réactions. Je vous avoue que c’est ce qui m’est passé par la tête (parmi d’autres choses) lorsque j’ai entendu cela. Attardons-nous un peu, cependant.

 

 

  Ma première idée – je pourrais dire hypothèse, en fait – est que notre président n’avait pas d’autre choix que de dire cela. Plusieurs raisons à cela, la première étant que ce discours est rare : aurait-il dit « Non, ça n’est pas près de s’arranger », cela aurait été une variation de plus de ce qu’on entend régulièrement. Par exemple, avec Sapin et Ayrault sur les chiffres du chômage, avant leur parution – donc à quelques jours de l’interview.

 

  Une façon de se démarquer du gouvernement, d’une certaine manière. Mais pas seulement : on sait que la crise touche, avant tout et surtout, le domaine économique. Or, en économie, les faits sont dictés – surtout – par les attentes : si tout le monde s’attend à voir la pierre monter, elle montera. Un des grands travaux de la classe politique va consister, et consiste, à remettre un peu de confiance dans les rouages de l’économie.

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De la crise

  Une idée m’est venue récemment… En voilà le développement.

 

  Considérons que cette vaste entité que nous nommons crise constitue un seul problème. La réalité est beaucoup plus complexe, les ramifications et imbrications sont sans fin… Mais le raisonnement qui suit reste valable.

 

  Un problème donc, qui n’est pas a priori une situation normale : il ne devrait pas y avoir récession, hausse du chômage, des impôts, de la pauvreté… Et pourtant tout cela est là. Fort logiquement, on devrait penser à une solution, à plusieurs solutions, dont l’efficacité ne serait pas à démontrer.

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Et si on travaillait vraiment ?

    Auteur : zOrel

  Le mot travail a une étymologie assez étrange et lourde de sens : il vient du latin tripalium qui signifie instrument de torture à trois poutres (cf. wiktionnary).

 

  Je ne compte pas faire ici un pamphlet contre le travail en lui-même. Non, même si je pense que l’Homme n’est pas fait pour travailler. Non, je veux parler du travail dans le secteur des services. Car c’est là qu’il existe un réel problème.

 

  Lorsque j’étais jeune, le mot travail m’évoquait un métier où mes mains servaient à fabriquer quelque chose de concret. Je rêvais secrètement de devenir menuisier afin de suivre les pas de mon père. Je trouvais formidable tous ces gens qui arrivaient à fabriquer à partir de matériaux bruts, des objets merveilleux ou de simples ustensiles, voire de la nourriture. Que ce soit un boulanger, un ébéniste, un peintre, un boucher, un fromager, tous correspondaient à ce mot travail. (suite…)

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Enjeux, perspectives

  Lundi 7 mai, au matin. La France a un nouveau président, lequel soulève bien des espoirs. Le fameux changement, ce serait maintenant. Soit, après tout, nous avons déjà changé de président, c’est un début. Parce qu’au-delà de ça, finalement, aujourd’hui ressemble fort à lundi dernier. Et il y a peu de chance que le lundi 6 mai 2013 en soit radicalement différent.

 

  C’est ce qui est légèrement schizophrénique en politique : à la fois course contre la montre lors des moments « chauds » – élections, etc – et lenteur incroyable quand il s’agit de problèmes de fond.

 

  Une question que je trouve intéressante à poser, est la suivante : qu’est-ce qui sera retenu, à l’avenir, des événements de ces deux dernières semaines ? Quelle marque laissera ceci dans l’Histoire qui s’écrit ?

 

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Crise

  Vous aurez sûrement remarqué que le mot « crise » est utilisé à toutes les sauces en ce moment. On a une crise économique, une crise financière, une crise politique… Pour peu qu’un problème ait la mauvaise idée de durer, on parlera de crise, ce qui suppose que ce problème est plus sérieux déjà, mais qu’il est censé avoir une fin également.

 

  En effet, parler de crise permet de se distinguer des situations communes desquelles toute crise est absente. A chaque fois que l’on invoque ce terme, cela a pour effet de rendre la situation et le contexte exceptionnels.

 

  D’abord, cela a une justification politique : en effet, plus la crise sera exceptionnelle, plus les mesures à prendre pourront sortir de l’ordinaire pour s’adapter au contexte. C’est la notion de politique de crise, qui peut, selon la gravité de la situation, passer outre les institutions établies pour rétablir une situation dite « normale ». Par exemple, les chefs d’état grec et italien, mis en place suite aux déboires économiques de leur pays, n’ont pas été élus. Tant pis pour la démocratie, on installe des « sauveurs » qui sauront sortir le pays de la crise.

 

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