Mot-clef : empire

Réseaux de fer, 3/6 : Chevalier

  Cinq années après Musset et ses regrets, dix-neuf ans après la Parabole de Saint-Simon, le chemin de fer continue sa progression dans les territoires et dans les esprits.

 

L’invention des chemins de fer est un des plus grands bienfaits dont la science et l’industrie, associant leurs efforts, aient doté l’espèce humaine. Les chemins de fer semblent véritablement appelés à changer la face du globe. De hardis et généreux penseurs ont dit que le monde marchait à grands pas aujourd’hui vers l’association universelle ; peut-être ce merveilleux ordre de choses que leur faisait rêver leur noble amour pour le genre humain n’est-il, au gré de beaucoup d’hommes positifs, rien de plus qu’une chimère ; mais personne ne contestera que le sentiment d’unité qui anime aujourd’hui tant de peuples, et le besoin d’expansion qui dévore quelques nations récemment apparues sur la scène, dans l’ancien monde et dans le nouveau, ne tendent à changer la balance politique.

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L’état d’exception : quand cela dure…

  Concernant l’état d’exception : nous en avons vu une définition, soulevé l’enjeu du terrorisme, développé le cas du dictateur de la République romaine. Je pourrais donc passer à des aspects plus théorique dans de futurs articles. Avant cela, je souhaitais appuyer un – petit – point, qui n’est apparu qu’en filigrane dans ce que j’ai écrit : « Concrètement, comment tout cela peut-il s’installer ? »

 

 

  On l’a vu, il s’agit au départ d’un accroissement temporaire des pouvoirs exécutifs : l’idée est de concentrer plus de pouvoirs entre moins de mains. Logiquement, la tentation s’installe, pour la ou les personnes concernées, de prolonger ce qui relève d’abord de l’exceptionnel. Comment ?

 

  Trois processus se distinguent à mes yeux.

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Dissidences : empire romain

  Petite incursion dans l’histoire aujourd’hui. Je voulais me pencher sur les différents « rôles » de contestataires, perturbateurs, et autres protestataires au cours de l’histoire. Comprenez bien que puisque le sujet est titanesque, je ne ferais qu’en gratter la surface ici. Mais il faut bien commencer quelque part, non ? Alors commençons…

 

  Déjà, il ne faut pas oublier qu’en plus d’époque, il faut se fixer une étendue : jamais il n’y a eu une société à une époque, cela va sans dire. On se rends facilement compte que les contestations dites du « printemps arabe » sont différentes de mouvement comme Occupy Wall Street  – nous y reviendrons.

 

 

  L’empire romain. Si l’on s’intéresse à des exemples antérieurs, ceux-ci sont moins documentés, et j’en ai moi-même une connaissance moindre. C’est par ailleurs – je l’avais mentionné ailleurs – la première fois que l’on a affaire à un État comme nous pouvons l’entendre au sens moderne : administration, armée, lois…

 

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Le stratège, l’empereur, le président (2/2)

Cet article fait suite au précédent, mais peut être lu indépendamment.

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  Résumons donc : nous avons notre stratège grec à la tête de sa cité, notre empereur romain à la tête de son empire, et notre président à la tête de son pays. Supposons que ce pays soit la France, pour nous simplifier la tâche. Ayant décrit plus ou moins brièvement les rôles des deux premiers individus, je vais comparer ces fonctions, par rapport à leurs enjeux.

 

  Tout d’abord, il faut remettre les choses à leur échelle. En effet, le stratège, si puissant qu’il fut, ne dirigeait qu’une cité grecque parmi d’autres, et avait donc un pouvoir plutôt limité par rapport à d’autres. Limité géographiquement donc, à une cité-état, et humainement, à la population qui y vivait : quelques dizaines de milliers d’habitants.

  Ce qui est peu, vis-à-vis de leur importance politique et de l’époque moderne. Néanmoins ceci a permis une multitude d’expérimentations politiques, dont les effets étaient visibles vite et près : les rapports de forces se jouaient presque exclusivement à l’intérieur d’une cité. Le fait d’avoir une influence moindre qu’ailleurs ne rendait d’ailleurs pas les luttes politiques moins dures qu’ailleurs : l’ostracisme par exemple, qui consistait à éloigner par vote une personne de la vie politique pour quelques années, était monnaie courante. Quand ce n’était pas l’exil pur et simple, ou les condamnations en justice.

 

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Le stratège, l’empereur, le président (1/2)

  Vous le savez, j’aime beaucoup parler des relations, des fonctions et des individus de pouvoir. Ce qui est particulièrement intéressant est la façon dont tout cela évolue au fil du temps. Notamment parce que cela permet de percevoir les tendances de fond, et des idées pour l’avenir. C’est pour cela qu’aujourd’hui je vais décrire et comparer ces fonctions qui ont été capitales dans la direction d’un état.

 

  Commençons par les descriptions. Nous avons dans l’ordre le stratège de la Grèce antique, l’empereur romain, et la présidence telle que nous la connaissons. Cette dernière se passera de description poussée, partant du principe que le concept est connu.

 

 

  • Le stratège grec

 

  Le contexte d’abord : nous sommes en Grèce Antique, à la période des cités-états autonomes et indépendantes. Il n’existe pas de « pays » au sens moderne, mais une multitude de « micro-états » distincts, qui ne se fédèrent que sous une pression extérieure (invasions…). Le type de gouvernement dépends donc de la cité, et n’est donc pas nécessairement démocratique, et le concept même de démocratie varie selon les lieux.

 

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