Mot-clef : finance

Crise

  Vous aurez sûrement remarqué que le mot « crise » est utilisé à toutes les sauces en ce moment. On a une crise économique, une crise financière, une crise politique… Pour peu qu’un problème ait la mauvaise idée de durer, on parlera de crise, ce qui suppose que ce problème est plus sérieux déjà, mais qu’il est censé avoir une fin également.

 

  En effet, parler de crise permet de se distinguer des situations communes desquelles toute crise est absente. A chaque fois que l’on invoque ce terme, cela a pour effet de rendre la situation et le contexte exceptionnels.

 

  D’abord, cela a une justification politique : en effet, plus la crise sera exceptionnelle, plus les mesures à prendre pourront sortir de l’ordinaire pour s’adapter au contexte. C’est la notion de politique de crise, qui peut, selon la gravité de la situation, passer outre les institutions établies pour rétablir une situation dite « normale ». Par exemple, les chefs d’état grec et italien, mis en place suite aux déboires économiques de leur pays, n’ont pas été élus. Tant pis pour la démocratie, on installe des « sauveurs » qui sauront sortir le pays de la crise.

 

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Création

  Création. Créer, créativité : autant de mots pour dire que l’on passe de rien à quelque chose. Donc que ce quelque chose apparait là ou il n’y avait rien. Pour autant que l’on sache, c’est seulement l’être humain qui peut être source de création (hors considérations religieuses, ce n’est pas le propos). Et seulement, a
priori, de création abstraite: aucun des objet que nous créons, n’est issu de rien: chaque élément, et chaque élément de ces éléments, existait bien avant que l’on ait eu
l’idée d’en faire quelque chose. Et c’est  justement de ça qu’il s’agit: les seules choses que l’on créée réellement, ce sont des idées, des concepts qui trouvent leurs concrétisation (ou pas, selon) ailleurs.

  Par exemple, les notions de sens et de valeur que l’on donne à un objet, qui ont fait beaucoup dans le développement de la civilisation : échange, troc, commerce… fort bien, tant que c’est compréhensible par tous, et donc que chacun peut y participer à son  niveau. Ou en contester le sens, le bien-fondé le cas échéant (« Comment ça, le prix des salades a doublé ?« ). Les soucis actuels de la finance viennent en grande partie du fait que l’on (les gens, les entreprises, les états…) achetait des choses sans en connaître le fonctionnement ni la valeur (sans parler du sens !). Tiens, peut-être qu’en créant un peu trop, on finirait par se croire tout-puissant ? Non ?

 

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Souveraineté nationale

  Un bien joli mot, non ? Il faut avouer que ça rend bien, même sans souverain. Surtout avec ce qu’il  implique: l’État (avec une majuscule) est son propre maître sur son propre sol, non ingérence d’un autre pays dans ses affaires internes (chacun chez soi et les poules seront bien gardées, comme on dit)…

  Mais bon, c’est un concept qui date, et surtout, qui s’effrite. Il suffit de voir les structures d’échelle internationale pour s’en rendre compte. Je parle d’entités comme l’ONU, le FMI, l’Union Européenne (et j’en passe), qui ont un rôle codifié, structuré, clair dans la marche du monde. Mais à côté de ça, on a des structures beaucoup plus floues, du type des lobbies, des multinationales ou encore des marchés. Si l’influence des deux premières est assez facilement quantifiable et prévisible (Certaines entreprises ont plus de pouvoir que certains pays, notamment), on redécouvre régulièrement l’influence des derniers, et de manière assez brouillonne il faut dire. Qu’importe si une mesure politique est viable, l’essentiel est de rassurer ou de ralentir ou de calmer les marchés. Et de refiler le bébé à votre successeur, évidemment.

  Quid alors de mesures fiables, viables pour l’État (et le pays, par extension) quand le gouvernement est contraint d’agir en fonction d’intérêts qui ne sont pas ceux du pays ?

 

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