Mot-clef : Grèce

Austérité

  Je vous parlais il y a peu d’Europe, et je vous avais promis d’aborder plus avant la notion d’austérité. Sur la notion en elle-même, il y aurait beaucoup à dire : fondements théoriques, justifications, limites… Mais ce sont des choses que je ne connais que de très loin, alors je vais plutôt aborder la question sous un angle pratique : qu’est-ce que l’austérité apporte, en pratique ? Chose que nous allons voir avec le cas du « laboratoire » grec.

 

 

  Commençons par une brève chronologie. (suite…)

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Démocratie ? Un peu d’histoire

 Auteurs : Boudtea et Alcuinn (article à quatre mains, donc)

  Aujourd’hui, nous allons parler un peu démocratie, citoyenneté et régimes politiques. Mais pas n’importe comment : cet article s’attardera sur le cas, ou plutôt les cas, de la Grèce antique. Histoire certes, mais pas que : une chose intéressante à faire, c’est de comparer ceci avec notre propre système.

 

  Avant tout, quelques éléments de contexte : on se place entre les VIème et IIIème siècles avant notre ère, dans un monde grec divisé en une multitude de cité-états autonomes. Pas de fédération ni politique, ni économique, sauf sous le coup d’une menace extérieure – militaire, donc.

 

  La démocratie en elle-même – ou ce qui en porta le nom, on en reparlera – a été progressivement mise en place pour contrecarrer l’hégémonie des pouvoirs détenus par les tyrans – origine du mot actuel – issus des familles les plus riches. (suite…)

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Archéologie : notion et prémisses

  Cette contribution a été rédigée par Boudtea, lectrice et commentatrice régulière du blog. Bonne lecture !

A.

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  Qu’est ce que l’archéologie ? Cette question est encore de nos jours très controversée, ce qui en fait un terme difficile à définir. D’autant plus qu’il existe différentes manières de l’aborder et que chaque spécialiste aura un point de vue différent à son sujet.

 

  Intéressons nous tout d’abord à l’origine du mot. Celui-ci apparaît pour la première fois chez Platon, où il désigne un discours raisonné sur les origines. Puis au 2ème siècle avant JC, Denys d’Halicarnasse (un historien grec), écrit un livre sur l’histoire de Rome des origines jusqu’aux guerres Puniques (qui opposèrent Rome à Carthage) dans lequel il va réutiliser le terme « archéologie ». Pour lui ce mot renvoie à l’étude d’une période ancienne ; c’est surtout le passé lointain, originel, voir mythique qui rentre dans sa définition.

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Épictète – entretiens

  Alors que nous pouvons nous attacher à un seul objet et nous en occuper, nous préférons nous appliquer et nous lier à une multitude de choses : notre corps, notre fortune, notre frère, notre ami, notre enfant, notre esclave.

Ce sont autant de chaînes qui par leur poids nous entraînent au fond.

  C’est pourquoi, lorsque nous ne pouvons mettre la voile, nous nous asseyons, crispés, à nous demander sans cesse en nous penchant : « Quel vent souffle en ce moment ? - Borée. – Nous n’avons que faire de lui ! Quand est-ce que le Zéphyr va se lever ? – Selon son bon vouloir, mon ami, ou selon la volonté d’Éole. Car c’est lui, non toi, que Zeus a nommé maître des vents. »

  Mais alors, que faut-il faire ? Me dis-tu. – Nous devons faire au mieux avec ce qui dépends de nous, et prendre le reste comme il vient.

 Entretiens, livre I, Épictète (50 – 125/130)

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Une responsabilité politique ?

  En lisant quelques documents sur la Grèce antique, j’ai appris que nos illustres précurseurs avaient une conception de la politique, ou de la vie publique, plutôt différente des nôtres. Entre autres, la fonction politique était certes une situation de pouvoir, mais également une situation de responsabilité – c’est précisément ce qui m’a interpellé.

 

  Ainsi, les magistrats de la Grèce antique devaient, à l’issue de leur mandat, rendre des comptes. Notez que ce mandat était renouvelé chaque année : ça n’implique pas forcément une instabilité politique, mais simplement une confirmation ou un rejet d’une personne dans son poste, ce qui permet a priori une réactivité plus grande. Revenons à la reddition de comptes : il s’agissait, comme on peut s’y attendre, de présenter son bilan. Rien d’exceptionnel a priori, sauf que tout ceci était soumis à sanction. C’est-à-dire que si le bilan était mauvais, le magistrat était susceptible d’être sanctionné par ses concitoyens. Si le bilan était bon, rien ne se passait, et la reconduction du personnage dans ses fonctions était probable. Dans le cas contraire, pouvaient s’appliquer diverses peines, de l’amende à l’exil.

 

  Rien de comparable n’existe dans nos démocraties modernes. La seule sanction à laquelle peut être soumis un homme politique est sa future ré-élection. S’il quitte la vie politique, tant mieux pour lui, il n’a plus qu’a attendre : que son mandat ait été bon ou pas ne change fondamentalement rien pour lui. Il touchera les mêmes indemnités, la même retraite, etc.

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Histoire comparée

  Le concept de l’histoire comparée est assez simple : il s’agit, comme son nom l’indique, de comparer l’histoire qui s’est déroulée en différents lieux, en différentes époques. Cette comparaison peut avoir lieu, notamment, sur le déroulement de certains événements, ou sur leur sens seulement, ou encore sur leurs implications. Le but de tout cela peut être la simple satisfaction de trouver deux événements qui correspondent, toutefois on essaie assez souvent de se ramener au présent : l’histoire comparée, comme l’histoire « simple », permet de tirer des leçons du passé. Concernant les domaines d’applications, ils peuvent aussi être multiples : on peut comparer deux sociétés dans leur ensemble, ou bien seulement sous l’aspect économique, politique… Il y a autant de cas que de comparaisons, ou peu s’en faut. Illustrons ceci par deux exemples : la Grèce antique et l’Europe de 1914, puis Rome et les États-Unis.

  On a souvent comparé la Grèce de l’antiquité avec l’Europe telle qu’elle était il y a un bon siècle : en effet, il s’agit d’agrégats. Il n’y avait pas une Grèce mais une multitude de cité-états relativement indépendantes, aux intérêts propres et divergents. Elles se regroupaient quand un ennemi (Grec ou extérieur) menaçait, et ce regroupement prenait fin en même temps que la guerre. L’Europe du XIX° siècle respecte peu ou prou le même schéma : certes les échelles sont différentes, mais le fond reste le même. Sans parler de la vision du monde : Grecs et Barbares, Européens et indigènes¹.

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