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La communauté selon Proudhon

  Je n’ai pas la possibilité de vous écrire quelque chose de complet. Néanmoins, pour ne pas vous laisser dans la plus grande affliction, je vous copie ici un extrait de la Théorie de la propriété de Proudhon.

 

  « En deux mots, il n’y a d’autorité légitime que celle qui est librement subie, comme il n’y a e communauté utile et juste que celle à laquelle l’individu donne son consentement. Ceci posé, nous n’avons plus qu’un chose à faire : c’est de rechercher pour quelles causes l’individu peut retirer son consentement à la communauté.

 

  L’homme est doué d’intelligence ; il a de plus une conscience, qui lui fait discerner le bien du mal ; il possède enfin le libre arbitre. Ces trois facultés de l’âme humaine, l’intelligence, la conscience, la liberté, ne sont pas des vices, des déformations causées à notre âme par l’esprit du mal : c’est par elles, au contraire, que, selon la religion, nous ressemblons à Dieu ; et c’est à elles que la communauté ou autorité publique fait appel, quand elle nous intime ses décrets, distribue ses justices et châtiments. La responsabilité que la loi nous impose est le corollaire de notre libre arbitre.

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Sens commun

  En ces temps de vote et d’élections, un certain nombre de personne essaient de convaincre leur prochain que leur candidat, leur solution ou leur parti est le mieux à même de trouver des solutions aux problèmes qui sont les nôtres. On a souvent, également, un phénomène d’incompréhension : « Mais enfin, c’est évident que X mène le pays à sa perte ! ». Peu de place pour l’argumentation dans ce cas, lorsqu’on aborde les dits « noyaux durs » de tel ou tel électorat.

 

  Pourtant ça n’est pas dénué de logique : au lieu d’arguments explicites, on se repose sur cette manne qu’est le sens commun : ces présupposés que l’on estime communs à tous. Quand il s’agit d’un lâcher de pierre le sens commun nous dit qu’elle tombera, quand il s’agit de politique le problème devient intéressant.

 

  Car évidemment, dans ce domaine, chacun, selon ses appartenances idéologiques, a un sens commun différent. Ce qui fait sens, puisque les idées que l’on a modèlent – au moins en partie – notre vision du monde, et donc ce que l’on suppose acquis par autrui. Question de milieu, d’environnement, d’objectivité.

 

 

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La déresponsabilisation

  C’est un concept tellement commun, tellement omniprésent, qu’on y fait de moins en moins attention. Comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs : si tous changent d’avis, de comportement à propos d’un sujet, l’évolution est moins perceptible.

 

  Commençons par les faits. Quand je parle de déresponsabilisation dans notre société, c’est quelque chose de quantifié que j’évoque : on n’est pas totalement dénué de toute responsabilité, n’est-ce pas ? Car nous vivons dans ce qui ressemble encore à un état de droit, où notre responsabilité en tant qu’individus est clairement définie dans un appareil législatif plutôt complet – et complexe.

  Néanmoins, ici c’est l’aspect individuel qui est régi et codifié. Même les groupes se voient considéré comme des individus : on parle de « personne morale », ce qui ne rends justement pas compte du caractère « groupe » de la chose.

  Justement, on s’accorde souvent à dire que la société telle que nous la vivons et la percevons – c’est-à-dire occidentale et capitaliste, sinon vous ne liriez pas ceci – tends vers de plus en plus d’individualisme. L’appareil législatif suit donc, avec le retard qui est le sien, mais il suit néanmoins.

 

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Créativité

  Bien que tout le monde puisse appréhender l’idée, le fait est que décrire proprement ce qu’est la créativité est un exercice difficile. On peut se dire qu’il s’agit de la capacité à avoir de nouvelles idées par exemple, sans être très loin du concept. Mais la question est alors de savoir comment et pourquoi nous avons ces idées à un instant donné, et pas d’autres plus tard, et pas aucune.  Ce qu’on appelle « apparition » spontanée des idées est un phénomène très complexe, que nous ne connaissons qu’imparfaitement : dès que le cerveau humain est impliqué, rien n’est vraiment simple. Pour tenter de mieux cerner ce à quoi « créativité » corresponds, on peut remonter aux sources : on remarque clairement que certains milieux, certaines situations et certaines périodes sont plus favorables au développement créatif que d’autre.

  Remarquons d’ailleurs que l’on peut d’ores et déjà distinguer créativité collective  et créativité individuelle : les questionnements sont différents selon que l’on parle d’un groupe (émulation, concurrence…) ou d’un individu (persévérance, assurance…).

  Le premier grand principe est l’ouverture : dans un monde complexe et incertain mais cloisonné, il est clair qu’avoir des idées est plus facile en sortant de son domaine d’expertise habituel. On parle aussi de décloisonnement, ou de changement de perspective : la spécialisation est certes utiles est efficace, mais elle favorise aussi un certain conservatisme : « Tu a été formé à la botanique, inutile de penser à l’Histoire ».

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