Mot-clef : illusion

Le prix de la fascination

  Avant de commencer, un petit mot sur le principe de cet article. Il s’appuie, entre autre, sur le constat – déjà évoqué ici et – que beaucoup de choses, pour ne pas dire toutes, ont leurs limites : environnement, personnes, économie, temps… Le concept est plutôt général. Partant de cette idée de finitude, il est logique de s’interroger sur les différents progrès que l’on fait : sociaux, sociétaux, politiques, techniques… Ils nous apportent quelque chose. Et pourtant, ce quelque chose ne provient pas de nulle part : je pense que, en général, lorsqu’on gagne sur un plan, on perd sur un autre.

 

  C’est la notion de prix que j’avais déjà évoqué : au sens de contrepartie donc, et pas au sens monétaire. Je n’ai pas la prétention de dire que « tout a un prix » – tout, c’est beaucoup – et c’est plutôt point par point que je compte détailler l’idée. Dernièrement, c’était sur l’Europe, et on m’a fait remarquer que le questionnement valait le coup. Je développe, donc.

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Volonté consciente

  Quand on s’intéresse au concept de la volonté consciente, la problématique peut être la suivante : causons-nous consciemment nos actions, ou bien nous actions nous arrivent-elles ? Cette question a opposé les tenants de la libre volonté et les déterministes depuis qu’il y a des philosophes pour jouer l’un ou l’autre rôle. Ce n’est pourtant pas une question purement abstraite : les progrès scientifiques en neurosciences et en sciences cognitives peuvent apporter une partie de la réponse.

 

  Alors vous pourriez vous demander « À quoi bon cette question ? Je fais ce que je veux, puisque je sais que je le veux. » Et c’est là toute la subtilité des sciences cognitives : comment peut-on être sûr que ce que l’on sait et ce que l’on sent est vrai ? Ça ne fait pas une preuve, ni scientifique ni philosophique : par nature raisonner sur nous-même n’est pas évident. Ce qu’on peut dire avec certitude néanmoins, c’est qu’il n’y a pas de déterminisme global – c’est-à-dire qu’il n’est pas possible, en connaissant tout, de prédire tout.

 

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L’expérience de Milgram

  Relativement connue, c’est une expérience qui a été menée par le psychologue Stanley Milgram en 1963, qui a mis en lumière différents mécanismes de pensée concernant la responsabilité personnelle.

  Commençons par décrire cette expérience. Il s’agissait de faire croire au sujet qu’il participait à une expérience, mais qu’il n’en était pas le cobaye. Cette prétendue expérience consistait à envoyer des électrochocs à un faux sujet pour « tester ses capacités d’apprentissages » lorsqu’il donnait une réponse incorrecte. Ce faut sujet était en fait un acteur, qui simulait une douleur de plus en plus intense. Il y avait donc d’un côté de la vitre le faux patient, et de l’autre le sujet réel, accompagné d’un  faux scientifique qui incitait le sujet à augmenter progressivement l’intensité des chocs.

  Cette personne a un rôle fondamental, puisqu’elle représente l’autorité : c’est elle qui donne l’ordre d’appuyer sur le bouton, c’est elle, qui insiste (continuez monsieur s’il vous plait, etc) quand le sujet hésitait (à quatre reprises maximum), et c’est elle encore qui déclarait assumer la responsabilité de l’expérience entière, y compris les dommages infligés au patient.

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Dans le monde de M.C. Escher

   Aujourd’hui, quelques œuvres de l’artiste néerlandais M.C. Escher. Il est particulièrement connu pour ses représentations paradoxales et impossibles, et plus généralement pour son exploration mathématique de la perspective.

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Qualia

  Derrière ce terme étrange, une définition encore plus étrange: quand on parle d’un qualia, on parle d’une sorte de grain de conscience, c’est-à-dire d’une petite entité, dont l’ensemble formerait la conscience. Le principe est le même qu’avec la matière constituée de grains,  d’atomes infinitésimaux. La différence est que si l’on connait plutôt bien les propriétés de l’atome, on n’est même pas sûr de l’existence du qualia à ce jour. On n’est d’ailleurs pas sûr de la définition à lui donner : si c’est un grain de conscience, est-ce un grain de sensation ? Est-ce que ça n’apparaît que quand on perçoit quelque chose ? Ces questions restent d’ordre philosophique tant que l’on n’a rien de concret là-dessus. En effet, on peut penser que la conscience est matérielle, ou qu’elle est au-delà de ça. Immatérielle, en quelque sorte. Mais pour l’instant on se sait encore rien, donc on suppose, on échafaude des hypothèses, on  raisonne, mais sur du vent*. Supposons toutefois qu’il soit découvert et mis en évidence un jour. Qu’est ce que ça impliquerait ?

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Doutes, absolus

  Une idée m’est venue dernièrement… Souvent, on entends parler de ce que l’on sait, de nos certitudes,
tandis que l’on met de côté les choses incertaines et peu sûres. Alors c’est peut-être dû à l’ego collectif, qui préfère de loin s’auto-complimenter que douter. Or c’est pourtant ce que nous faisons le plus, douter : On n’est pas vraiment sûr de vouloir faire ceci, on ne sait pas quelle est la réalité *… En fait, nos certitudes sont bien rares. Mais nous mettons l’accent dessus, quitte à en créer de fausses. Alors pourquoi pas, mais ce qui, je trouve, pose problème, est le fait que ça nous enferme de facto dans certains modes de pensées. Les exemples ne manquent pas : obscurantisme, fanatisme pour les plus extrêmes, ou des gens simplement bornés. On dira qu’ils ont des convictions, des croyances, ce qui est respectable en soi, mais au-delà de ça, subsistent des certitudes qui sont, d’une certaine manière, ambiantes (Comme ces fables modernes dont je vous parlais il y a peu).
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Fables modernes

  Encore des racontars pour finir la semaine…enfin, des racontars sur des racontars. Bref, on va parler fables. Vous savez, ces petits contes que tout enfant connaît, et en lesquels tous croient dur comme fer… le père Noël, la fée Clochette… ça fait désormais sourire, non ? Rassurez-vous, nous autres adultes avons aussi nos fables ; c’est ce qu’on appelle croyance en général. Fut un temps, tous pensaient que la Terre était un grand disque, et que les saignées purifiaient le sang. A chaque époque, on a considéré nos prédécesseurs comme légèrement idiots, d’avoir cru en de tels non-sens. Quelque chose qui serait intéressant à savoir, c’est pourquoi l’on pensera que nous somme légèrement idiots… alors, plutôt que d’attendre quelques décennies, voilà quelques hypothèses qui commencent à se faire, disons, pressentir :

  D’abord, la notion de responsabilité/d’irresponsabilité : Vu ce qu’on laisse et ce qu’on laissera aux gens à venir, il y a de (très) forte chance pour que l’on nous qualifie d’irresponsables. De toute façon s’il y a des problèmes, c’est la faute à l’autre : c’est le voisin qui ne trie pas ses déchets, ce sont les gens du Nord qui brulent trop de charbon, ce sont les États-Unis qui font des OGM… mais je n’y suis pour rien, pas vrai ?

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