Mot-clef : international

La bonne conscience du monde

  Au détour d’un article du journal Le Monde, m’apprenant que l’ONU accusait le régime syrien de crimes de guerre, je suis tombé sur cette phrase : « Les insurgés qui se battent pour renverser le président Bachar Al-Assad sont eux-aussi coupables de crimes de guerre dont la gravité, la fréquence et l’amplitude sont toutefois moindres ».

 

  Quelque chose me chiffonne dans cette phrase. Cela a a voir avec ce « moindre ». Est-ce à dire que tout va bien, tant que les Bons commettent des crimes « moindres » que les Méchants ? Que l’on peut avoir raison de les soutenir – même par des paroles – tant que c’est le cas ? Qu’ainsi, tant que l’Ennemi sera pire, les « moindres » crimes de guerre seront de moindre importance?1

 

 

  Cela soulève la question du jugement. Par nous, par eux, maintenant, plus tard… Une chose certaine : le conflit ne sera pas éternel. Une des deux parties, victorieuse, se devra de faire respecter la justice et donc de punir les crimes de guerre. Tous ? A quoi bon ? On imagine bien dans quels évitements l’Histoire syrienne pourra se glisser.

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L’état d’exception : le terrorisme

  Il y a peu de temps, je vous parlais de la notion d’état d’exception. Il est temps maintenant de rentrer dans le vif du sujet, avec les problèmes posés par la notion de terrorisme.

 

  Pensez donc : un groupe de personne, ne se revendiquant d’aucun d’État, décident de s’en prendre à l’un d’entre eux. Cela n’était pris en compte dans aucune législation, jusqu’à récemment. C’est là qu’interviennent donc les pouvoirs exceptionnels, que l’on a déjà défini. Dans ce cas particulier, ils ne sont pas nécessairement aux mains d’une seule personne, en revanche, ils permettent bel et bien de s’exempter de la loi dans certains cas exceptionnels.

 

  La date marquante, dans le domaine de la législation antiterroriste, est celle du 11 septembre 2001. On devine bien pourquoi.

 

  Intéressons-nous pour commencer à ce qui existait auparavant. Lorsqu’une personne commettait un meurtre, deux situations étaient possibles : soit la personne est un civil, auquel cas il appartient il y a jugement selon la justice ordinaire – le droit commun. Soit, la personne relevait d’une autorité militaire, dans le cadre d’opérations militaires, auquel cas il faut encore considérer le statut de la victime : civile ou militaire. Cette deuxième partie était – et est encore – régie par différents éléments de droit international.

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Droit international

  C’est quelque chose d’assez étrange : on peut dire que le droit international est d’actualité depuis qu’il existe. Depuis que, suite à la première guerre mondiale, des personnes se sont dit « Hé, la guerre, c’est moche. Et si on l’interdisait ? ». Car c’est l’enjeu de la chose : créer quelque chose de supranational qui bénéficie à tous avant de bénéficier à chacun..

 

  Avec les organismes qui se sont développés dans le dernier demi-siècle, nous avons un embryon d’idée – ou une idée d’embryon – de ce qui est recherché : les états font certaines concessions à une instance supérieure, laquelle agit à son échelle pour assurer une sorte d’équilibre. Typiquement, c’est ce que font les états de la dite « zone Euro » lorsqu’ils renoncent à leur souveraineté monétaire.

 

  C’est sur cette souveraineté que les choses clochent : les États font régner, depuis qu’ils existent, la règle du « mon toit, ma loi », qui correspond à l’exercice de la souveraineté nationale la plus courante. Vous comprenez bien que dès qu’il s’agit de déléguer un petit morceau de souveraineté, les inquiétudes surgissent. « Et s’ils ne faisaient pas ce qu’il faut ? » « Et si cela nous était dommageable ? »

 

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Pensées syriennes

  Pendant que le France a froid, qu’elle se passionne pour les élections à venir et qu’elle se plains à tout va, en Syrie les opposants au pouvoir en place sont sous les mortiers. Non seulement cela nous fait relativiser nos petits malheurs quotidiens (malgré une couverture médiatique équivalente avec le Grand Froid, mystère du journalisme), mais surtout ce conflit met en lumière beaucoup de clivages internationnaux. On l’a vu en particulier avec les veto russes et chinois à l’O.N.U. : les institutions internationales semblent paralysée, bloquées. C’est l’inconvénient des décisions à plusieurs. Et personne n’ose intervenir trop avant, par peur d’un désastre à l’iraquienne. Globalement, tout reste statique.

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Brèves de la semaine

Petite chronique en vrac d’une semaine chargée en actualité :

  • L’U.M.P. a tenu sa première convention pour la campagne 2012, répondant au doux nom de « rendez-vous du courage ». C’est plutôt ironique que ça soit le parti au  pouvoir qui parle de courage politique, non ?

  • L’armée égyptienne s’excuse pour les récentes victimes place Tahrir. Je suis sûr qu’elles se sentent mieux, maintenant.

  • Embrouillamini entre le P.S. et les Verts : on jurerait que, pour une fois qu’ils ont un avantage politique, ils font leur possible pour le gâcher.

  • L’Espagne est droitisée suite aux élections législatives, preuve s’il en fallait que la crise
    ne fera pas l’avantage de la droite ni de la gauche, mais de l’opposition. Les gens ont l’air de vouloir du changement, et semblent croire que cette opposition les satisfera une fois au pouvoir. L’avenir le dira, mais les paramètres sont identiques qu’auparavant: même économie, population, contexte, etc…

  • Les bourses européennes continuent de chuter, mais ça n’est pas vraiment nouveau. C’en devient prévisible, curieusement.

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Souveraineté nationale

  Un bien joli mot, non ? Il faut avouer que ça rend bien, même sans souverain. Surtout avec ce qu’il  implique: l’État (avec une majuscule) est son propre maître sur son propre sol, non ingérence d’un autre pays dans ses affaires internes (chacun chez soi et les poules seront bien gardées, comme on dit)…

  Mais bon, c’est un concept qui date, et surtout, qui s’effrite. Il suffit de voir les structures d’échelle internationale pour s’en rendre compte. Je parle d’entités comme l’ONU, le FMI, l’Union Européenne (et j’en passe), qui ont un rôle codifié, structuré, clair dans la marche du monde. Mais à côté de ça, on a des structures beaucoup plus floues, du type des lobbies, des multinationales ou encore des marchés. Si l’influence des deux premières est assez facilement quantifiable et prévisible (Certaines entreprises ont plus de pouvoir que certains pays, notamment), on redécouvre régulièrement l’influence des derniers, et de manière assez brouillonne il faut dire. Qu’importe si une mesure politique est viable, l’essentiel est de rassurer ou de ralentir ou de calmer les marchés. Et de refiler le bébé à votre successeur, évidemment.

  Quid alors de mesures fiables, viables pour l’État (et le pays, par extension) quand le gouvernement est contraint d’agir en fonction d’intérêts qui ne sont pas ceux du pays ?

 

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