Mot-clef : volonté

Décision

Une feuille s’était détachée de l’arbre,

« Je veux tomber au sol », dit-elle.

 

Le vent d’ouest, se levant, la fit virer,

« Vers l’est », dit-elle, « Je dois aller. »

 

Le vent d’est se leva plus fort,

Alors dit-elle : « Il était sage de changer ma course. »

 

À égalité ils s’affrontaient.

Elle dit : « Je suspend mon jugement. »

 

Tombèrent les vents; la feuille, euphorique,

Cria : « J’ai décidé de tomber droit au sol. »

 

« Meilleure les premières pensées ? » Ce n’est pas la morale;

Choisissez juste la vôtre et point de dispute.

 

Néanmoins votre choix tombera sûrement,

Sans que vous y preniez part.

 

 

Ambrose Bierce, The Devil’s Dictionary (1911)

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Volonté consciente

  Quand on s’intéresse au concept de la volonté consciente, la problématique peut être la suivante : causons-nous consciemment nos actions, ou bien nous actions nous arrivent-elles ? Cette question a opposé les tenants de la libre volonté et les déterministes depuis qu’il y a des philosophes pour jouer l’un ou l’autre rôle. Ce n’est pourtant pas une question purement abstraite : les progrès scientifiques en neurosciences et en sciences cognitives peuvent apporter une partie de la réponse.

 

  Alors vous pourriez vous demander « À quoi bon cette question ? Je fais ce que je veux, puisque je sais que je le veux. » Et c’est là toute la subtilité des sciences cognitives : comment peut-on être sûr que ce que l’on sait et ce que l’on sent est vrai ? Ça ne fait pas une preuve, ni scientifique ni philosophique : par nature raisonner sur nous-même n’est pas évident. Ce qu’on peut dire avec certitude néanmoins, c’est qu’il n’y a pas de déterminisme global – c’est-à-dire qu’il n’est pas possible, en connaissant tout, de prédire tout.

 

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L’expérience de Milgram

  Relativement connue, c’est une expérience qui a été menée par le psychologue Stanley Milgram en 1963, qui a mis en lumière différents mécanismes de pensée concernant la responsabilité personnelle.

  Commençons par décrire cette expérience. Il s’agissait de faire croire au sujet qu’il participait à une expérience, mais qu’il n’en était pas le cobaye. Cette prétendue expérience consistait à envoyer des électrochocs à un faux sujet pour « tester ses capacités d’apprentissages » lorsqu’il donnait une réponse incorrecte. Ce faut sujet était en fait un acteur, qui simulait une douleur de plus en plus intense. Il y avait donc d’un côté de la vitre le faux patient, et de l’autre le sujet réel, accompagné d’un  faux scientifique qui incitait le sujet à augmenter progressivement l’intensité des chocs.

  Cette personne a un rôle fondamental, puisqu’elle représente l’autorité : c’est elle qui donne l’ordre d’appuyer sur le bouton, c’est elle, qui insiste (continuez monsieur s’il vous plait, etc) quand le sujet hésitait (à quatre reprises maximum), et c’est elle encore qui déclarait assumer la responsabilité de l’expérience entière, y compris les dommages infligés au patient.

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