Démocratie ? Pourquoi ça ne marche pas.

  J’entame ici une série de papiers qui vont aborder ce que nous appelons « démocratie ». En plus de parler des problèmes, j’envisage de lancer quelques pistes de réflexions sur les alternatives, les choses déjà tentées, et – peut-être – les choses jamais tentées. Avant tout, il serait correct de définir le problème. Les problèmes. Chose à laquelle je vais m’attacher ici. Il y a probablement des choses évidentes à tous là-dedans, mais bon, les choses seront posées.

 

 

  Des problèmes, on se rends bien compte qu’il y en a. On le ressent souvent, de manière diffuse : pas un politique qui ait le programme parfait, pas un élu qui agisse comme on le voudrait, pas une élection qui satisfasse tout un chacun. C’est le jeu de la politique : on ne fait pas de concessions avant d’être élu, on n’arrête plus d’en faire une fois élu. Toute politique est consensus, eau tiède, compromis entre de multiples intérêts. Le principe même du groupe : par nature, c’est homogène.

 

  De ce paragraphe, on peut tirer plusieurs questions. Pourquoi des élections ? Cette forme d’élections ? Pourquoi des politiques ? De cette manière ? Pourquoi aussi, tous n’ont pas ces questions – quand ils en ont ?

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Relation et naufrages – IX

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CHAPITRE IX.

 

 

Nous partons de la baie des Chevaux.

 

  La baie que nous quittions fut nommée Baya de los Cavallos. Pendant sept jours nous suivîmes des anses en entrant dans l’eau jusqu’à la ceinture sans apercevoir l’extrémité de la côte. Au bout de ce terme nous parvînmes à une île peu éloignée de la terre. Ma barque allait en avant. Nous vîmes venir cinq canots montés par des Indiens qui les abandonnèrent en notre pouvoir. Lorsque les autres embarcations se furent aperçues que nous allions au devant d’eux, elles continuèrent leur marche et arrivèrent à des maisons de l’île où nous trouvâmes une grande quantité de chabots et d’œufs de ce poisson séchés, ce qui fut pour nous un grand soulagement dans la nécessité où nous nous trouvions.

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Connaissance

  On va parler de quelques choses qui peuvent sembler triviales, aujourd’hui. Mais comme souvent, il s’agit de dégrossir la chose, et ça me permettra de prolonger ensuite. Connaissance, donc. Vaste programme !

 

  Partons de la question suivante : quand peut-on dire que l’on connaît quelque chose ? On utilisera l’exemple « Je sais que la maison de Jean est à la montagne » pour illustrer ce qui suit.

 

  D’un point de vue abstrait et théorique, on peut dire que la connaissance de quelque chose se décompose ne ensemble de faits et de règles. C’est probablement beaucoup plus complexe dans le domaine des sciences cognitives, c’est pour cela que je parle seulement de la théorie – ou plutôt, d’une théorie. Dans notre exemple, le fait est que Jean possède une maison à la montagne, les règles portent sur les implication de la phrase (il l’a acheté, on la lui a donnée, il la loue…)

 

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Et passe l’année…

  Demain, cela fera un an que ce site existe. L’occasion pour moi de vous écrire un petit mot :)

 

  J’en ai déjà dit beaucoup ici. Ça me fait plaisir d’avoir vos retour positifs, ça me donne envie de continuer. Même si ce vous n’est pas un nombre phénoménal de lecteurs, l’essentiel est que les quelque personnes qui passent trouvent ce qu’elle cherchent.

 

  Bon, ce n’est pas exactement ça. En fait, l’idée qui sous-tends ce site est le partage, de connaissances ou d’idées. C’est quelque chose que j’ai moi-même mis du temps à comprendre… Je m’en suis rendu compte progressivement. Au bout de 160 billets (dont 120 articles, et 40 autres choses, environ), il était temps !

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Imaginez…

  Une petite histoire pour aujourd’hui :)

 

 

  Imaginez un monde, dans lequel les gens sont fatigués. Usés par un flot constant, ininterrompu qu’on leur a vendu sous le nom alléchant de modernité il y a des années de cela. Transformés par un toujours plus qui use et abuse de leur ressources, de leurs pensées et de leur intellect. Un monde dans lequel celui qui fait vendre gagne plus que celui qui produit, et dans lequel cela compte tellement…

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Relation et naufrages – VIII

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CHAPITRE VIII.

 

Nous partons d’Haute.

 

  Nous marchâmes pendant toute la journée pour arriver à l’endroit où j’avais d’abord été ; la route fut des plus pénibles, les chevaux ne suffisaient pas pour porter les malades dont le nombre augmentait chaque jour; nous ne savions plus que faire ; nous nous trouvions à la plus triste extrémité. Quand nous fûmes arrivés, nous vîmes l’impossibilité d’aller en avant, ne sachant de quel côté nous diriger : la troupe ne pouvait plus marcher, la plupart des soldats était si malades que fort peu laissaient quelque espérance.

 

  Je ne m’étendrai pas davantage sur notre misérable situation, chacun peut s’imaginer ce que l’on doit souffrir dans une terre étrangère, si pauvre et sans aucune ressource pour continuer notre marche, ni pour séjourner, ni pour en sortir; mais comme notre plus sûr refuge est dans Dieu, jamais nous ne cessâmes d’avoir confiance en lui. Une circonstance vint aggraver considérablement nos malheurs : la plupart des cavaliers s’imaginant pouvoir en particulier trouver un remède à leurs maux, désertèrent secrètement, et abandonnèrent le gouverneur et les malades qui avaient perdu leurs forces.

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Mémoires antiques

  Aujourd’hui, je vais vous parler de la technique de mémorisation par les lieux utilisée par les orateurs antiques, afin de retenir de longs discours ou argumentations. L’idée m’est venue, quand j’ai pensé au mode de transmission de l’Illiade et de l’Odyssée d’Homère. Une quantité énorme d’information, transmise d’abord et surtout par voie orale : comment les conteurs, et Homère lui-même, pouvaient-ils bien tout restituer fidèlement d’une fois sur l’autre ?

 

  La technique ici exposée n’est pas la seule réponse, mais c’est une méthode qui est devenue courante dans l’Antiquité, puis classique durant le moyen-âge. Plutôt que de vous en parler moi-même, j’ai sollicité deux intervenants qui abordent très bien leur sujet : Cicéron et Quintilien. Leurs œuvres se complètent, et dressent un tableau assez précis de l’état de la chose dans l’Antiquité.

 

  N’oubliez pas cependant, que en tant qu’antiques, il avaient des préoccupations totalement autres par rapport à nous. Ainsi, leurs écrits sont destinés aux aspirants orateurs qui leurs sont contemporains. Je vous laisse maintenant avec eux :-)

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L’état d’exception : suspension de l’habeas corpus

  Commençons par préciser en quoi consiste cet habeas corpus. Il s’agit d’une ordonnance anglo-saxonne qui garantit un droit fondamental aux citoyens : celui de ne pas être détenu arbitrairement ni indéfiniment sans avoir droit à un procès équitable. Rien que de très normal, me direz-vous. Un détail cependant : cette disposition remonte à 1679 dans sa forme actuelle, et son principe remonte au moyen-âge avec la Magna Carta de 1215. Une notion plutôt en avance sur son temps, donc.

 

  L’histoire de tout ceci est certes intéressante, mais ce n’est pas exactement l’objet de ce papier. Ce qui m’intéresse davantage, est la réponse à la problématique d’exception qui suspends cet acte d’habeas corpus. Le problème auquel les juristes ont été confrontés est le suivant : que se faire, si des personnes planifient de porter atteinte à la royauté ou au Parlement ? Doit-on, dans ce cas, passé les premier jours d’emprisonnement, n’avoir que le choix entre procès ou libération ? La deuxième option serait absurde, la première serait biaisée par empressement.

 

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Relation et naufrages – VII.2

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  Nous résolûmes donc de partir, d’aller chercher la mer, et ce village d’Haute, dont on nous avait parlé. Nous nous mîmes en marche vingt-cinq jours après notre arrivée. Le premier jour nous traversâmes des lacs sans rencontrer un seul Indien ; le second nous trouvâmes un marais très difficile à passer. Nous avions de l’eau jusqu’à la poitrine, et il était rempli d’arbres déracinés. Quand nous fûmes parvenus au milieu, une multitude d’Indiens nous attaquèrent, les uns étaient embusqués derrière les arbres pour que l’on ne les vît pas, d’autres étaient sur des arbres renversés. Ils commencèrent par lancer des flèches, nous blessèrent beaucoup de monde et des chevaux, et ils firent prisonnier notre guide avant que nous ne fussions sortis de l’eau. Lorsque nous fûmes dehors ils nous poursuivirent pour nous couper le passage, de sorte qu’il n’y eut aucun avantage pour nous de quitter le marais et de les combattre, parce qu’aussitôt ils y rentraient, et de là ils blessaient nos troupes et nos chevaux.

 

  Le gouverneur, s’en étant aperçu, ordonna aux cavaliers de mettre pied à terre et d’attaquer l’ennemi ; lui-même il en fit autant. On pénétra dans une autre lagune, et nous restâmes maîtres du passage ; plusieurs des nôtres furent blessés dans cette affaire, malgré les bonnes armures qu’ils portaient.

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Voir sans être vu

  Je souhaite ici aborder la notion sous l’aspect correspondant à une technologie de pouvoir. Soit, un moyen ou un principe technique qui concrétise ou met en place des relations de pouvoirs entre individus. Le domaine est relativement vaste, peut-être donc que j’écrirais plusieurs articles dans cette veine…

 

  Commençons donc. Le concept de voir sans être vu n’est ni nouveau, ni rare. Tout ce qui touche au renseignement, à la collecte d’information peut s’y rapporter. Le renseignement d’États, par exemple, existe depuis que les États existent. Cela, en temps de paix (connaissance de l’autre) comme en temps de guerre (élaboration de stratégies). Ceci dit, le renseignement n’est pas en soi un vecteur de pouvoir.

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