Sens

  Il m’arrive souvent de m’interroger sur le sens des choses. Vous aurez pu le constater par vous-même en lisant quelques-uns de mes papiers. Partant de ce constat, se pose une question légèrement plus ardue : celle du sens du sens. Pourquoi les choses on-t-elles un sens ? Pourquoi devraient-elles en avoir ? Là, on est clairement dans la métaphysique. Ce qui signifie : pas de réponse, plein de réponses. Je vais poser quelques-unes de mes idées ici…

 

  Vous avez donc le droit de me contredire ;-)

 

  Pour commencer, je ne pense pas que quoi que ce soit ait un sens en soi. Rien, dans ce qui nous est extérieur, ne semble fait pour nous complaire. Point de pessimisme, juste du réalisme : l’inverse serait extrêmement nombriliste ! Ce qui nous entoure est, simplement.

 

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Salut à tous,

 

  Je profite d’un petit morceau de week-end pour vous donner des nouvelles. Chose que je n’avais pas faite en deux mois, faute d’événement marquant. Tout ceci suit son bonhomme de chemin, sans beaucoup de changement.

  Ce qu’il y a de nouveau : je vais être amené à publier sur d’autres sites dans les prochaines semaines. Cela risque de prendre quelques temps à produire, temps que je prendrai sur la rédaction d’articles « normaux » ici.

  Il y aura donc moins d’articles de fond, mais comme je vous aime bien, je publierais quand même, d’autre choses un peu plus… Alternatives. En particulier : un peu de poésie (comme j’ai déjà commencé à le faire), et des morceaux d’une nouvelle de ma plume.

  J’espère ne décevoir personne ;-)

 

  Comme d’habitude, si vous avez des remarques, des commentaires, des articles, ils sont bienvenus !

Ingratitude

« Tous sont ingrats », se moque le cynique. « Non »,
Répondit le bon philanthrope ;
« J’ai rendu un grand service à quelqu’un un jour
Qui n’a jamais depuis parlé de me rembourser,
Ni vilipendé. »


« Ho ! » s’écria le cynique, « mène-moi à lui immédiatement -
De vénération je suis empli,
Et j’aimerais  avoir sa bénédiction. » « Triste pour toi –
Il ne peut pas te bénir », ce que je regrette de dire,
Cet homme est muet. »

 

 

Ambrose Bierce, The Devil’s Dictionary (1911)

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Une responsabilité politique ?

  En lisant quelques documents sur la Grèce antique, j’ai appris que nos illustres précurseurs avaient une conception de la politique, ou de la vie publique, plutôt différente des nôtres. Entre autres, la fonction politique était certes une situation de pouvoir, mais également une situation de responsabilité – c’est précisément ce qui m’a interpellé.

 

  Ainsi, les magistrats de la Grèce antique devaient, à l’issue de leur mandat, rendre des comptes. Notez que ce mandat était renouvelé chaque année : ça n’implique pas forcément une instabilité politique, mais simplement une confirmation ou un rejet d’une personne dans son poste, ce qui permet a priori une réactivité plus grande. Revenons à la reddition de comptes : il s’agissait, comme on peut s’y attendre, de présenter son bilan. Rien d’exceptionnel a priori, sauf que tout ceci était soumis à sanction. C’est-à-dire que si le bilan était mauvais, le magistrat était susceptible d’être sanctionné par ses concitoyens. Si le bilan était bon, rien ne se passait, et la reconduction du personnage dans ses fonctions était probable. Dans le cas contraire, pouvaient s’appliquer diverses peines, de l’amende à l’exil.

 

  Rien de comparable n’existe dans nos démocraties modernes. La seule sanction à laquelle peut être soumis un homme politique est sa future ré-élection. S’il quitte la vie politique, tant mieux pour lui, il n’a plus qu’a attendre : que son mandat ait été bon ou pas ne change fondamentalement rien pour lui. Il touchera les mêmes indemnités, la même retraite, etc.

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Virtuel

  Je m’interrogeais dernièrement sur le sens de ce mot, sur ce qu’il implique, et dans quels domaines. Voilà donc le résultat de mes quelques réflexions…

 

  Pour commencer, intéressons-nous à la définition du virtuel, ou de la virtualisation. Très souvent, on en parle quand il s’agit de l’interaction que nous avons avec les nouvelles technologies, et de la dématérialisation des activités humaines. On parle d’économie dématérialisée, d’œuvres numérisées, et tout ceci rentre confortablement dans la case « virtuel ». Tout comme Internet et ses usages. Alors ça ne signifie finalement pas grand-chose, puisqu’on est capable d’utiliser à chaque fois des mots synonymes, qui ont le mérite de préciser ce dont on parle.

 

  L’aspect du « virtuel » qui m’intéresse ici, est davantage lié au signifiant. Car rendre quelque chose virtuel, c’est changer sa forme, et sa forme uniquement. Généralement cela permet de le rendre plus facile d’accès. C’est ce qui se passe avec les œuvres numériques : on ne transforme pas leur sens, mais leur support d’expression. Ce qui m’amène à dire que le processus de virtualisation, dans son sens large, n’est pas nouveau pour l’être humain.

 

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Notes

 

Quelques musiques, plutôt calmes :

 

Et deux autres plus bas…

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Apprentissage

  C’est un phénomène extrêmement intéressant, car extrêmement complexe. En effet, si on se pose brutalement la question de « comment apprends-t-on », les chances de trouver une réponse satisfaisante sont plutôt faibles. Il suffit de voir les domaines d’applications, et les différents moyens pour apprendre quelque chose, pour saisir l’étendue du problème.

  C’est pour cela qu’ici je vais m’intéresser aux prémices uniquement, c’est-à-dire à l’apprentissage de bas niveau. Ce terme signifie simplement basique, on pourra aussi parler d’apprentissage immédiat : c’est celui qui s’effectue par l’expérience, et le renforcement, sans qu’il y ait derrière un processus de réflexion complexe.

 

  Pour commencer, on peut s’intéresser à la notion de renforcement. C’est ce qui récompense ou punit un individu, selon ce qu’il fait, afin de lui apprendre certains comportements, certaines réactions. D’où découlent les notions de renforcement positif (récompense) et de renforcement négatif (punition), qui sont plus répandues.

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Pouvoir synchronique, diachronique

  Commençons par définir ces deux mots. Ils ont une définition telle qu’en fait, il est possible d’en parler dans beaucoup de domaines – ce que je n’exclus pas. Le synchronisme pour commencer : il s’agit, en histoire, de s’intéresser à une situation à un instant donné. Ainsi l’histoire synchronique s’attache à la description de tout les éléments à une date. On peut la comparer à un tableau ou à une photo : typiquement, cela peut être La France en 1754. Au contraire, le diachronisme décrit les grands mouvements, la durée, les changements. On s’intéresse davantage à un domaine, afin de mieux pouvoir décrire les changements dans le temps.

  Remarquez que c’est pour cela qu’il n’existe pas d’œuvres intitulées « Histoire globale », car ce serait à la fois diachronique et synchronique. Ce n’est pas impossible en soi, mais la quantité de travail à fournir est simplement titanesque.

 

  Revenons au concept de pouvoir. Pourquoi y mêler ces deux notions ? Cela permet de mieux distinguer les formes de pouvoir les unes des autres. Ce qui plutôt commode, quand il s’agit de les comprendre et de les étudier. Après tout, le pouvoir dans sons sens général reste quelque chose à laquelle nous sommes tous, sans exceptions, confrontés.

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Crise

  Vous aurez sûrement remarqué que le mot « crise » est utilisé à toutes les sauces en ce moment. On a une crise économique, une crise financière, une crise politique… Pour peu qu’un problème ait la mauvaise idée de durer, on parlera de crise, ce qui suppose que ce problème est plus sérieux déjà, mais qu’il est censé avoir une fin également.

 

  En effet, parler de crise permet de se distinguer des situations communes desquelles toute crise est absente. A chaque fois que l’on invoque ce terme, cela a pour effet de rendre la situation et le contexte exceptionnels.

 

  D’abord, cela a une justification politique : en effet, plus la crise sera exceptionnelle, plus les mesures à prendre pourront sortir de l’ordinaire pour s’adapter au contexte. C’est la notion de politique de crise, qui peut, selon la gravité de la situation, passer outre les institutions établies pour rétablir une situation dite « normale ». Par exemple, les chefs d’état grec et italien, mis en place suite aux déboires économiques de leur pays, n’ont pas été élus. Tant pis pour la démocratie, on installe des « sauveurs » qui sauront sortir le pays de la crise.

 

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Le président en personne

  Je vous avais promis de ne pas parler de cette élection présidentielle qui fait déjà tant d’encre, mais je vais me permettre une petite exception pour aujourd’hui : en effet je trouve qu’elle traduit et amplifie tout ce qui fait de notre pays, ce qu’il est.

 

  Ce qui m’intéresse en particulier est la notion de personnification : on vote autant pour un candidat que pour des idées. Ce concept est très intéressant à développer. Ainsi, on se doute bien que le charisme d’un candidat joue pour beaucoup dans son élection, dans la campagne qu’il mène et dans les postes qu’il va être amené à occuper à l’avenir. Et ceci peut être indépendant des idées qu’il supporte : il suffit d’avoir une communication efficace pour pouvoir commencer à se faire entendre.

 

  Conséquence logique : ce qui devrait être une confrontation d’idée revient dans les faits à une confrontation des individus. Et celui qui assure sa domination sur les autres par le biais d’une communication efficace remporte le trône. Questions de crédibilité, de stature, d’envergure… les mots ne manquent pas.

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