Environnement, objectivité

  Une question me taraude régulièrement : qu’est-ce que retiendrons de nous les générations à venir ? Quelle est la trace que nous, êtres humains de ce début de XXI°siècle, laissons dans l’Histoire ? Vaste problème, dont nous n’aurons pas la réponse avant longtemps. Pour avoir un début de réponse, on peut déjà se pencher sur la façon dont nous percevons l’Histoire. C’est là qu’intervient la notion d’environnement dont j’aimerais vous parler.

  Pour commencer, il convient de poser une définition du mot¹ : si ce n’est pas la définition exacte, c’est du moins celle que j’utiliserais ici. Pour moi, « environnement » caractérise simplement le milieu qui entoure ce dont on parle. Ainsi, quand on évoque l’environnement historique, on parlera aussi bien de contexte.

  Dans la plupart des cas, nous ne sommes pas sensibles à notre environnement : nous avons grandi et vivons dedans depuis toujours. Ce n’est qu’au contact d’un autre milieu que nous prenons le recul nécessaire. Ainsi, les contacts culturels entre les milieux « occidentaux » et « orientaux » au XIX° siècle ont permis aux occidentaux d’alors d’entrevoir une société plus souple quant aux religions. Ce qui n’était pas concevable dans l’Europe a peine un siècle plus tôt.

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Chambre chinoise

  Je vous en parlais il y a quelques mois. L’article en question n’étant plus, je le reproduis ici, et j’en profite pour élaborer un peu le raisonnement.

  Pour commencer, le principe : une personne, enfermée dans une pièce (la chambre), ne peut communiquer avec l’extérieur qu’à l’aide de symboles (chinois, d’après le nom) qu’il ne comprends pas. Pour répondre à une série de symboles, il utilise une table de données qui établit la correspondance entre ce qu’on lui adresse et ce qu’il doit retourner. La personne ne comprends pas le chinois mais établit seulement une correspondance graphique entre des gribouillages. L’idée est que, si le système fonctionne correctement, de l’extérieur on croira avoir affaire à quelqu’un qui parle chinois.

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Interlude scientifique

  Petite digression scientifique aujourd’hui. L’objet de ce – court – article est le déterminisme scientifique : un concept qui touche à la science en général, dans le sens où il est susceptible d’être appliqué dans toutes les sciences.

  Tout comme le déterminisme dans son idée générale, il postule que ce que l’on étudie peut être déterminé – c’est -à-dire, que l’on peut le prévoir. Ceci, en supposant que l’on connaît assez de choses sur cet élément : son état passé, présent, son environnement, etc…

  Lors des débuts de la science moderne, le mathématicien et astronome Pierre Laplace a poussé cette idée à son maximum : selon lui, s’il existait un intellect qui puisse connaître l’ensemble de l’univers à un instant donné, il serait capable de prévoir comment l’univers se comportera l’instant d’après. Ça a l’air plutôt farfelu dit comme cela, et Laplace lui-même s’est bien gardé de dire qu’un tel intellect puisse exister.

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Histoire comparée : transitions du pouvoir

  Je vous ai déjà parlé d’histoire comparée auparavant. Pour rappel, il s’agit simplement d’étudier différents moments de l’Histoire, et d’en tirer les éléments communs ou spécifiques, afin d’expliquer notamment pourquoi tel ou tel mouvement était « prévisible ». Je suis alors resté assez général, et aujourd’hui je vais m’intéresser à un phénomène un peu plus spécifique : les changements dans les formes du pouvoir.

  Dans l’ordre chronologique, le premier fait qui m’intéresse se produit dans le monde de la Rome antique. Vous aurez sûrement remarqué que l’on parle souvent d’Empire Romain, et que l’on parle parfois également de la République romaine. C’est donc –logiquement– qu’il y a eu transition entre les deux. Le cas est intéressant dans le sens où la République Romaine est un des plus anciens représentants d’un État dans le sens moderne du terme.

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  Je manque un peu de temps pour pouvoir écrire ce lundi. Donc à la place, je vous recommande quelques lectures :

Je me rattraperais bientôt. Promis !

Chaos

  Le mot est courant : on en parle dès que l’on veut situer une notion de désordre, et ce dans tous les domaines. On parle de chaos économique, politique, social…

  Remontons aux origines du concept : justement, pour les Grecs de l’antiquité, c’est l’entité qui est apparue avant toutes les autres. Leur cosmogonie commence par quelque chose comme « Au commencement était Chaos ». Comme les autres grands concepts auxquels étaient confronté l’être humain, le chaos a été personnifié, identifié. Il ne correspondait alors pas seulement au simple désordre, mais aussi à un milieu sans fin, sans direction ni assise.

  L’idée chez les Grecs – et les autres peuples antiques – est que, à moment donné, apparaît une autre entité, amenée à supplanter le chaos, à créer un ordre. Puis suivent les êtres humains, amenés à respecter cet ordre établi.

  En parlant de divinités hors-circuit depuis une bonne quinzaine de siècle, je voulais juste vous montrer que la tendance à s’ordonner est ancienne, et persistante. Rien de plus normal me direz-vous, il est toujours plus commode de vivre dans un milieu rationnel. C’est rassurant, qui plus est.

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Stabilité, politique et économie

  Avec le contexte économique qui est le nôtre aujourd’hui, on entends de plus en plus souvent parler de la Grande Dépression qui a suivi 1929. Ce qu’on a aujourd’hui serait « la pire crise depuis 1929 », on regarde comment la crise a été gérée à l’époque, on essaie de recycler les vieilles recettes… Comme souvent, je vais m’intéresser à l’aspect politique de la chose, plus particulièrement au lien entre la situation économique et la stabilité politique.

  Commençons justement par la Grande Dépression. Il est notable qu’en France, l’incapacité et/ou l’inaction des gouvernants de l’époque a entrainé une valse des Parlements, ce qu’on a appelé ensuite l’instabilité parlementaire. Ce qui ne résolvait pas les problèmes, et accroissait l’incertitude sur le devenir du pays. Cette instabilité a par la suite été vue comme un défaut de la III° République, et la Constitution de 1958 est sensée prévenir ce genre de problème.

  Il n’empêche, le fond du problème est toujours là. L’homme politique est jugé responsable de ce qui arrive à ses administrés, ce qui est dans l’absolu normal. Le souci est qu’il est considéré comme responsable de la plupart des problèmes, même quand il est évident qu’il n’a pas d’emprise dessus. Comme, par exemple, l’augmentation des prix. Conséquence logique, puisque nous sommes en démocratie, ce personnage se trouve évincé de son siège, occupé désormais par un opposant au précédent. Problème, les paramètres fondamentaux sont les mêmes. Ce qui empêche a priori une résolution des problèmes. Notre remplaçant arrivera peut-être à mieux camoufler son impuissance. Au mieux il bénéficiera d’une conjoncture favorable et pourra rester en place pour quelques mandats supplémentaires¹.

  Cas moins favorable pour lui, il pourrait bien être à son tour remplacé lors des prochaines élections.

  D’où ma – première – conclusion, selon laquelle une situation économique défavorable entraine, dans un contexte démocratique², une instabilité politique certaine.

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Les identités de la Toile

  C’est une question récurrente s’il en est : dans un espace tel que l’Internet, comment définit-on et comment peut-on définir le concept d’identité ? Comment en assurer la cohérence, quand tout un chacun est susceptible d’en changer en un clin d’œil ?

  Pour commencer, je vais m’intéresser aux différents avatars du concept.

  Très simplement, l’identité peut correspondre à une manifestation sur le Net d’une personne : un avatar lié à une personne, point. C’est la brique de base : on se donne un pseudonyme (souvent), un avatar (parfois), et on incarne cette identité sur la Toile.

  Cette idée simple est déclinée à chaque fois que l’on veut incarner une autre identité : petit à petit, chaque personne se construit quelques identités, ce qui permet par exemple à une personne de parler en son nom, ou sous couvert d’ « anonymat » selon le sujet qu’elle traite.

  La situation inverse existe également : celle où plusieurs personnes sont sous une même identité. L’exemple le plus connu à l’heure actuelle est celui du groupe Anonymous, lequel permet à quiconque en ayant la volonté de s’abriter derrière ce masque. Ici l’identité devient un message : « Je suis Anonymous » signifie « Je défends telle idée, je respecte tels principes ». Ces idées et principes sont – normalement – garantis par les autres membres du groupe. On a la quelques limites du principe, quand le groupe est grand, multiforme et décentralisé : des contradictions peuvent exister, des détournements aussi.

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Salut à tous,

J’ai quelques petites choses à vous dire ce week-end.

  • Ce site commence à se meubler. Donc en plus de catégories supplémentaires, je ferais de temps en temps quelques synthèses d’articles, qui reprendront d’un seul tenant les articles qui traitent d’un même sujet. Ça devrait apparaitre d’ici quelques semaines, si tout va bien.
  • Je me suis également dit que vous pourriez également contribuer de temps à autres : si vous avez une idée précise, un sujet qui vous tient à cœur, sur lequel vous voulez vous exprimer, n’hésitez pas ! Je publierais (raisonnablement) ce que je recevrais par mail.
  • Également, ne soyez pas timides pour commenter ! Tous éléments, réflexions, nuances sont bienvenus :-)
  • Enfin, je vais essayer de ne pas trop vous parler des présidentielles françaises à venir. C’est un sujet qui passionne, mais suffisamment de personnes en parlent, donc quoique je puisse dire, ça n’aura d’ans l’absolu rien de neuf.

  Je crois bien que c’est tout pour aujourd’hui. Bon dimanche à tous !

 

(Ah, et si vous appréciez, n’hésitez pas à partager !)

 

Crainte et orgueil (2/2)

  En relisant mon billet précédent, je me suis rendu compte qu’il y manquait pas mal de choses. Je vais donc continuer ici d’énumérer quelques situations où orgueil et crainte sont, à mes yeux, moteurs.

  Pour commencer, la situation actuelle en Grèce. Nous avons l’Union Européenne qui essaie d’imposer au pays des coupes drastiques dans ses comptes ainsi qu’une restructuration de tout leur système administratif. Ceci dans l’objectif de « redresser la situation ». Comment faire accepter ceci par le peuple grec ? Par le citoyen lambda qui n’a, somme toute, pas grand-chose à voir avec la situation de son pays ? La crainte et la peur restent les meilleurs alliés des politiques : « si vous n’acceptez pas tout ceci, ça sera le chaos ». Si le peuple ne consent pas aux sacrifices qu’ont refusé de faire ses dirigeants, on lui promet l’Armageddon économique et social. Néanmoins ici, si la crainte reste l’argument (et le moteur) des politique, l’orgueil devient celui du peuple et de la « Grèce d’en bas ». Conséquence logique : opposition, manifestations, puis émeutes et incendies.

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