Crainte et orgueil (1/2)

  Un peu de philosophie aujourd’hui. L’actualité… eh bien, n’a pas grand-chose de réjouissant, disons. Non pas que la philosophie dont je vais parler le soit beaucoup plus : Machiavel aura son mot à dire. Celui-là même qui a pour la première fois, écrit, parlé et raisonné sur les leviers du pouvoirs. En particulier des pouvoirs qu’un prince exerçait sur son peuple. Ce qui a également démystifié l’image du « souverain de droit divin » alors en vogue. Et donc, en posant ses idées et théories sur le pouvoir, il a isolé – vous l’aurez compris – deux éléments majeurs : l’orgueil et la crainte.

  Ces caractéristiques sont particulières à chacun, mais sont communes à tous : ce que Machiavel explique dans ses œuvres (entre autres), c’est comment jouer sur les motivations individuelles d’un point de vue global.

  On le considère généralement comme l’inventeur de la politique moderne. Et tout ce qu’il a pu dire et écrire, il y a de cela quelques siècles, reste bien souvent valable¹. Voyez plutôt :

  L’exemple le plus courant est celui de la guerre. On en reparle à propos d’Israël et de l’Iran, le principe était le même qu’avec les U.S.A. en  Afghanistan. Dans les deux cas, il s’agit d’un peuple qui, se sentant menacé, désire frapper le premier afin d’éradiquer son ennemi. Crainte, orgueil. Ce n’est certes pas l’exacte réalité : c’est plutôt ce qu’aimeraient faire percevoir les différents groupes pro-guerre. L’opinion générale est assez malléable pour rendre les politiques eux-mêmes malléables (sans parler des autres « incitations »).

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Garde-fou

Un court-métrage fort sympathique pour commencer la semaine :

Politique, à long terme

  Mes réflexions m’amènent régulièrement au rapport ambigu entre la politique et le long terme. Souvenez-vous, j’en parlais ici ,   et . Une idée m’est venue en relisant ceci : sur le long terme, est-ce-que nos politiciens actuels ne commettent-t-ils pas tous une sorte de suicide politique ?

  Remarquons déjà qu’aucun politicien ne sort indemne de l’exercice du pouvoir. Plus la fonction est importante, plus apparaissent des taches (souvent justifiées) sur la réputation de la personne en question. J’ai déjà parlé de cela il y a quelques temps.

  Par ailleurs, chaque élection amène son lot de promesses, et de déceptions conséquentes : il faut doser ses promesses comme ses actes, histoire de collecter suffisamment de voix pour arriver au pouvoir, et de pouvoir exercer avec modération. Fatalement donc, on soulignera les promesses non tenues. Et cela fait partie de ce qui reste comme grief : on connaît les promesses du président actuel,  concernant le pouvoir d’achat ou la croissance.

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Messages et messagers

  Régulièrement, on nous sert des chiffres, des statistiques, sur tous les domaines possibles. Ces chiffres – ceux de l’Insee par exemple – sont pour la plupart sérieux, étudiés, et donc fiables. Il ne vient pas à l’esprit que ces chiffres représentent autre choses que des faits, dans le sens où ils sont peu sujets à la contestation. Quand la critique existe néanmoins, elle concerne plus la méthode d’élaboration, et peut avoir une certaine idéologie comme fondement. Il semble donc logiquement absurde de s’en prendre aux porteur du message (les divers instituts statisticiens) quand c’est le message lui-même que l’on vise¹. Et pourtant…

  Intéressons-nous au cas de Wikileaks. Ce site a été sous le feux de nombreuses critiques, concernant la légalité de ce qu’il entreprenait (rendre publics des documents confidentiels), sur l’esprit de fond (déstabilisation des démocraties)… Tout ceci a débouché sur une censure de fait du site : il n’est pas bloqué à proprement parlé, toutefois ses fonds sont bloqués (comptes bancaires fermés, dons par Paypal impossibles, etc…), et les membres-clés du groupe se trouvent soumis à divers procès… Le tout résultant en un ralentissement de facto des activités du site. Pourtant, le message est toujours là : ce que les politiques jugent comme trop gênant pour être montré, il est possible et souhaitable que ce soit exposé au vu et au su du public. Quel meilleur endroit que l’Internet pour ça ? D’où l’idée de plus en plus répandue, selon laquelle le Web pourrait bien être l’outil des démocraties de demain. Wikileaks semble être l’un des vecteurs de ce message. Le messager, de fait.

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Pensées syriennes

  Pendant que le France a froid, qu’elle se passionne pour les élections à venir et qu’elle se plains à tout va, en Syrie les opposants au pouvoir en place sont sous les mortiers. Non seulement cela nous fait relativiser nos petits malheurs quotidiens (malgré une couverture médiatique équivalente avec le Grand Froid, mystère du journalisme), mais surtout ce conflit met en lumière beaucoup de clivages internationnaux. On l’a vu en particulier avec les veto russes et chinois à l’O.N.U. : les institutions internationales semblent paralysée, bloquées. C’est l’inconvénient des décisions à plusieurs. Et personne n’ose intervenir trop avant, par peur d’un désastre à l’iraquienne. Globalement, tout reste statique.

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L’expérience de Milgram

  Relativement connue, c’est une expérience qui a été menée par le psychologue Stanley Milgram en 1963, qui a mis en lumière différents mécanismes de pensée concernant la responsabilité personnelle.

  Commençons par décrire cette expérience. Il s’agissait de faire croire au sujet qu’il participait à une expérience, mais qu’il n’en était pas le cobaye. Cette prétendue expérience consistait à envoyer des électrochocs à un faux sujet pour « tester ses capacités d’apprentissages » lorsqu’il donnait une réponse incorrecte. Ce faut sujet était en fait un acteur, qui simulait une douleur de plus en plus intense. Il y avait donc d’un côté de la vitre le faux patient, et de l’autre le sujet réel, accompagné d’un  faux scientifique qui incitait le sujet à augmenter progressivement l’intensité des chocs.

  Cette personne a un rôle fondamental, puisqu’elle représente l’autorité : c’est elle qui donne l’ordre d’appuyer sur le bouton, c’est elle, qui insiste (continuez monsieur s’il vous plait, etc) quand le sujet hésitait (à quatre reprises maximum), et c’est elle encore qui déclarait assumer la responsabilité de l’expérience entière, y compris les dommages infligés au patient.

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  Salut tout le monde,

  Ces dernier temps, peu de nouveautés concernant le forme du site : d’une part tout cela tourne très correctement, et d’autre part je manque un peu de temps pour me m’y consacrer. Mais j’ai encore deux ou trois idées dans mes cartons, que je devrais mettre en application un beau jour.

  Sinon j’ai continué à re-publier d’anciens articles, que vous verrez en reculant assez loin dans le temps (je compte changer un peu la navigation, d’ailleurs). Il y a actuellement quelques 50 publications, et il en reste 25 à venir. Cela prends un peu de temps, car le passage des articles à la nouvelle version  a été douloureux au niveau de la forme (retours à la ligne impromptus, images absentes…). Le travail continue !

  À part cela, je compte garder ce rythme de publication pour quelques temps encore.

  Enfin, si vous avez des commentaires ou des questions, n’hésitez pas !

Histoire comparée

  Le concept de l’histoire comparée est assez simple : il s’agit, comme son nom l’indique, de comparer l’histoire qui s’est déroulée en différents lieux, en différentes époques. Cette comparaison peut avoir lieu, notamment, sur le déroulement de certains événements, ou sur leur sens seulement, ou encore sur leurs implications. Le but de tout cela peut être la simple satisfaction de trouver deux événements qui correspondent, toutefois on essaie assez souvent de se ramener au présent : l’histoire comparée, comme l’histoire « simple », permet de tirer des leçons du passé. Concernant les domaines d’applications, ils peuvent aussi être multiples : on peut comparer deux sociétés dans leur ensemble, ou bien seulement sous l’aspect économique, politique… Il y a autant de cas que de comparaisons, ou peu s’en faut. Illustrons ceci par deux exemples : la Grèce antique et l’Europe de 1914, puis Rome et les États-Unis.

  On a souvent comparé la Grèce de l’antiquité avec l’Europe telle qu’elle était il y a un bon siècle : en effet, il s’agit d’agrégats. Il n’y avait pas une Grèce mais une multitude de cité-états relativement indépendantes, aux intérêts propres et divergents. Elles se regroupaient quand un ennemi (Grec ou extérieur) menaçait, et ce regroupement prenait fin en même temps que la guerre. L’Europe du XIX° siècle respecte peu ou prou le même schéma : certes les échelles sont différentes, mais le fond reste le même. Sans parler de la vision du monde : Grecs et Barbares, Européens et indigènes¹.

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Le Net, la censure, la liberté d’expression

  Cet article est issu d’un constat simple : je vous parle souvent comme si vous suiviez ce que je suis et lisiez ce que je lis sur Internet. Ce qui est bien évidemment faux (mais inconscient !), c’est pourquoi aujourd’hui je vais vous parler de quelques enjeux de la Toile. Laissez-moi tout d’abord mettre en place le décor, pour mieux pouvoir ensuite distinguer les acteurs.

  Début du XXI° siècle ; une révolution sans précédents des techniques et moyens de communication. Sans précédent ? En effet, les autres changements comparables par leur ampleur ont concerné les transports (de la machine à vapeur à l’avion à réaction) ou la santé (hygiène, vaccination…) par exemple. Très souvent, on nous parle de la révolution numérique comme quelque chose de passé : elle aurait culminé dans la dernière décennie, avec la démocratisation des technologies de l’Internat notamment. Il est effectivement plus facile de considérer une révolution¹ comme passée : le changement fait souvent peur. Mon point de vue est différent : les événements des deux dernières année prouvent que ça ne fait que commencer. Si la technologie se répand², on n’a de cesse d’en découvrir de nouveaux usages.

  C’est d’ailleurs la philosophie hacker : utiliser une technologie avec un but autre que celui initialement prévu³. On a ainsi vu les réseaux (dits) sociaux que sont Facebook et Twitter, à vocation sociale donc, jouer un rôle majeur dans les révolutions tunisiennes et égyptiennes.

  Nous en sommes donc, d’après moi, à l’aube de cette révolution du numérique. Ce qui réponds, en partie à la question de l’importance des réseaux. Ils n’en sont qu’à leurs balbutiements : c’est pourquoi leur contrôle doit revenir à deux qui les construisent, à ceux qui en font partie. C’est une sorte de démocratie sans chef, de cooptation.

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Dans le monde de M.C. Escher

   Aujourd’hui, quelques œuvres de l’artiste néerlandais M.C. Escher. Il est particulièrement connu pour ses représentations paradoxales et impossibles, et plus généralement pour son exploration mathématique de la perspective.

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