Discours de guerres – 2.

< Avant : les discours. Après : le fond >

 Dans nos trois discours, on remarque un certain nombre de traits communs : sont-ce des traits essentiels à tous discours de ce type, ou traduisent-ils les tendances du moment ? Pour le savoir, il faudrait se pencher sur les discours d’après-guerre, voire du début du siècle.

 

 Il y a d’autres questions plus importantes. Notamment, sur les enjeux des textes : comment dire au peuple qu’une guerre a été déclarée, et comment lui faire croire que c’est une chose bonne. Ici, la forme a autant d’importance que le fond, mais la première est plus facile à appréhender que le second, donc nous en parlerons dans cet ordre.

 

 

 Sur les personnes, pour commencer : dans les trois cas, nous avons l’image de personnes usées, fatiguées : l’exercice du pouvoir ne doit pas être chose reposante. A cette fatigue courante, on peut supposer la peine supplémentaire d’avoir à prendre des décisions d’ordre militaire, dont la portée leur est relativement inconnue. Cela doit marquer, mais il faut croire que l’usage du pouvoir n’est pas si nocif, puisqu’ils semblent s’y attacher.

Lire la suite

Tagged , , , , , ,

Discours de guerres – 1.

Après : la forme >

  Nous commençons donc avec la matière, c’est-à-dire les discours en eux-mêmes. Je me suis permis de mettre en valeur ce qui me semblait important, mais ils figurent en intégralité.

  Il convient également de créditer les auteurs probables (il est difficile d’avoir des certitudes) desdits discours : respectivement Claude Chirac, Franck Louvrier, Claude Sérillon.

 

Déclaration télévisée du Président de la République sur l’intervention en Afghanistan (7 octobre 2001)

 

 Mes chers compatriotes,

 Le 11 septembre dernier, les États-Unis ont été frappés. Six mille innocents ont perdu la vie. C’est monstrueux. Nous devons savoir que ces attaques terroristes nous concernent tous. Toutes les démocraties sont menacées.


 La France a immédiatement fait part de sa solidarité. Elle a indiqué qu’elle mènerait avec les États-Unis ce combat dans lequel tous les hommes épris de liberté doivent s’engager avec détermination.


 Le refus du régime taliban de livrer ben Laden, auteur des attentats, conduisent aujourd’hui les États-Unis et leurs alliés à engager des opérations en Afghanistan. Le conseil de sécurité des Nations unies reconnaît la légitimité de cette action.

Lire la suite

Tagged , , ,

Discours.

  Ceci n’est pas à proprement parler un article, mais plutôt une annonce, un prélude. L’idée est d’expliquer le pourquoi du comment des choses qui vont suivre pendant, je pense, quelques temps.

 

  Cela fait quelque semaines que je m’intéresse aux discours politiques : non seulement la parole politique en général, mais aussi les discours en tant qu’objets de communication, d’information, etc.

 

  Partant de là, je me suis dit que cela serait une bonne chose de partager cet intérêt ici, pour que nous puissions faire un peu de décorticage ensemble : cela m’intéresse d’avoir votre avis sur la chose, les personnes, le contexte, etc… Et c’est toujours préférable à un monologue creux.

 

  Comme j’aurai beaucoup de choses à dire, je pense découper les articles en plusieurs parties, comme par exemple « la chose – la forme – le fond ».

 

  Quand j’en serai à écrire, en revanche, j’aurai du mal à « caser » chaque élément avant de l’avoir écrit et relu : donc, lorsque les écritures arriveront, j’aurai posé le point final.

 

  Pour laisser les choses un peu aérées, je propose de publier une fois par jour.

 

  Il me semble que j’ai fait le tour de ce que je voulais dire. Si tout se passe bien, la prochaine livraison commencera demain samedi :)

Tagged , , ,

  Je vais faire une pause dans la publication d’articles pendant quelques temps. Ça me donnera l’occasion de réfléchir un peu à ce que je veux, vais, peut faire ici. J’envisage quelques choses nouvelles, plus sérieuses peut-être. J’aurai l’occasion d’en reparler :)

Media

Quelques éléments de réflexions :

 

Heidegger dans Sérénité, Questions III (1959) :

 

  « Tous les jours de l’année et à mainte heure du jour, ils sont assis, fascinés, devant leurs appareils de radio ou de télévisions. Toutes les semaines, le cinéma les enlève à leur milieu et les plonge dans une ambiance de représentations inhabituelles, mais souvent très ordinaires, simulant un monde qui n’en est pas un. Ou qu’ils aillent, un périodique illustré se trouve sous leur main.

Lire la suite

Tagged , , , , , ,

Relation et naufrages – XXXI

[chap.1] [chap. 2, 3] [chap. 4] [chap.5][chap. 27] [chap.29] [chap.30.1] [chap.30.2]

CHAPITRE XXXI.

 

 

Nous voyageons dans la direction du maïs.

 

  Après deux journées de halte, nous nous déterminâmes à chercher le pays du maïs. Nous ne voulûmes pas prendre la route où les Indiens tuent leurs vaches , parce que c’était vers le nord, et cela nous aurait fait faire un grand détour. Nous étions persuadés qu’en marchant continuellement vers le couchant, nous parviendrions où nous voulions aller. Nous traversâmes toute la contrée jusqu’à la mer du Sud. La crainte de la famine ne nous détourna pas de ce dessein ; en effet, nous souffrîmes beaucoup de la faim pendant les dix-sept jours dont on nous avait parlé. Tout le long de la rivière, les habitants nous donnèrent beaucoup de manteaux en cuir de vache.

Lire la suite

Vision aveugle

  Un thème un peu différent de ce que vous voyez habituellement : celui de la cognition en général, et de l’articulation conscience/cerveau en particulier. Il s’y passe beaucoup de choses intéressantes, et surtout, il reste encore beaucoup de choses à y découvrir… Une des manières d’en savoir plus est d’étudier les cas spécifiques, c’est-à-dire les personnes qui présentent une combinaison de traits qui est rare, et dont la simple étude apporte déjà beaucoup. Un de ces pathologies est la vision aveugle, objet de ce papier.

Lire la suite

Tagged , , , , , ,

Le prix de la fascination

  Avant de commencer, un petit mot sur le principe de cet article. Il s’appuie, entre autre, sur le constat – déjà évoqué ici et – que beaucoup de choses, pour ne pas dire toutes, ont leurs limites : environnement, personnes, économie, temps… Le concept est plutôt général. Partant de cette idée de finitude, il est logique de s’interroger sur les différents progrès que l’on fait : sociaux, sociétaux, politiques, techniques… Ils nous apportent quelque chose. Et pourtant, ce quelque chose ne provient pas de nulle part : je pense que, en général, lorsqu’on gagne sur un plan, on perd sur un autre.

 

  C’est la notion de prix que j’avais déjà évoqué : au sens de contrepartie donc, et pas au sens monétaire. Je n’ai pas la prétention de dire que « tout a un prix » – tout, c’est beaucoup – et c’est plutôt point par point que je compte détailler l’idée. Dernièrement, c’était sur l’Europe, et on m’a fait remarquer que le questionnement valait le coup. Je développe, donc.

Lire la suite

Tagged , , , , , , , , , , , , ,

Relation et naufrages – XXX.2

[chap.1] [chap. 2, 3] [chap. 4] [chap.5][chap. 25, 26] [chap. 28] [chap.29] [chap.30.1]

 

 

  Les femmes et deux des nôtres devaient aller chercher les habitants et les amener sur notre chemin, afin qu’ils nous reçussent. Le lendemain les plus vigoureux partirent avec nous. Après trois journées de marche nous nous arrêtâmes. Le lendemain Alonso del Castillo et Estevanico, le noir, se mirent en marche, en emmenant les deux femmes pour guides. L’une d’elles, qui était une esclave , nous conduisit à une rivière qui coulait entre des montagnes, dans un endroit où était établi un village que son père habitait. Ces demeures étaient les premières que nous eussions vues dans ce pays qui ressemblassent à des maisons, et qui en méritassent le nom. Castillo et Estevanico y étant arrivés, parlèrent avec les habitants.

  Lire la suite

Tagged ,

Le sourire de l’ange

  C’est une de ces questions étranges, qui tracassent sans qu’on sache réellement d’où elles viennent. Une idée tordue, diront certains. Certes oui. Chose subjective, quoi qu’il en soit. Je ne vous fais pas languir plus longtemps, la chose est la suivante : je n’avais jamais vu de photo d’Hitler qui souriait. Comme je vous le dis, étrange. Et subjectif : il suffit de chercher pour en trouver.

 

  Deux choses m’interpellent : d’abord, pourquoi ? Très vite, je pense à des choses comme la fabrique de l’histoire, ou une damnatio memoria . Logique : vu le cursus du personnage, on l’imagine peu sourire, et on ne le présente pas souriant. C’est peut-être la moindre des choses. Peut-être quelque chose de plus simple, comme le fait que je ne m’y sois jamais vraiment intéressé, et donc que les images qui me sont restée sont celles de manuels scolaires…

 

Lire la suite

Tagged , , ,