La communauté selon Proudhon

  Je n’ai pas la possibilité de vous écrire quelque chose de complet. Néanmoins, pour ne pas vous laisser dans la plus grande affliction, je vous copie ici un extrait de la Théorie de la propriété de Proudhon.

 

  « En deux mots, il n’y a d’autorité légitime que celle qui est librement subie, comme il n’y a e communauté utile et juste que celle à laquelle l’individu donne son consentement. Ceci posé, nous n’avons plus qu’un chose à faire : c’est de rechercher pour quelles causes l’individu peut retirer son consentement à la communauté.

 

  L’homme est doué d’intelligence ; il a de plus une conscience, qui lui fait discerner le bien du mal ; il possède enfin le libre arbitre. Ces trois facultés de l’âme humaine, l’intelligence, la conscience, la liberté, ne sont pas des vices, des déformations causées à notre âme par l’esprit du mal : c’est par elles, au contraire, que, selon la religion, nous ressemblons à Dieu ; et c’est à elles que la communauté ou autorité publique fait appel, quand elle nous intime ses décrets, distribue ses justices et châtiments. La responsabilité que la loi nous impose est le corollaire de notre libre arbitre.

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Relation et naufrages, XXVII

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CHAPITRE XXVII.

 

 

Nous changeons de pays et nous sommes bien reçus.

 

  Après avoir laissé les Indiens tout en larmes, nous suivîmes les autres naturels, et nous allâmes à leurs cabanes. Ceux que nous y trouvâmes nous reçurent fort bien, et nous amenèrent leurs enfants pour que nous les bénissions. Ils nous donnèrent beaucoup de farine de mesquiquez; c’est un fruit qui ressemble aux caroubes, lorsqu’il est sur l’arbre. Il est fort amer : on le mange mêlé avec de la terre, alors il est doux et fort bon.

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Vaudeville, suite.

  Le ton de la Chancellerie et du Trône change subtilement. On y décerne plus d’assurance, plus de fermeté peut-être. On devine un changement de souffleur pour ces deux acteurs – ce qui est normal, les textes sont très longs ; impossible de les connaître totalement.

 

  Et effectivement, on observe un changement dans la scène : l’occupant du Trône fourbit prépare ses armes – qui étaient, semble-t-il, à portée de main – évoque une guerre à mener tambour battants, et s’en va.

 

Ravi, il part.

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Confiance en l’État.

  Vous aurez sûrement remarqué, au fil des articles qui s’égrènent ici, un facteur commun : je n’y considère pas l’État comme une entité solide, sûre ni fiable. En revanche, je n’ai jamais pris la peine, me semble-t-il, de détailler ce point. Chose à laquelle je vais m’atteler aujourd’hui.

 

 

  Commençons d’abord, par décrire la chose – l’État – au moins brièvement. Est-ce une entité ? Oui, mais pas que. Sous ce nom d’identité, on a déjà le concept d’unité : l’État est – serait – le même quel que soit l’angle sous lequel on le regarde. C’est en son nom que sont exercés les pouvoirs qui nous régissent – pouvoirs que, dans notre grande majorité, nous jugeons légitimes.

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Relation et naufrages – XXV, XXVI

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CHAPITRE XXV.

 

Les Indiens sont d’une vigilance extrême pendant la guerre.

 

 

  De toutes les nations que j’ai vues au monde, aucune ne montre autant de prudence qu’eux, lorsqu’ils craignent d’être attaqués. Ils sont sur pied toute la nuit, ils ne quittent point leur arc, et sont munis d’une douzaine de flèches : même lorsqu’ils dorment, ils ne les laissent pas, et si leurs arcs ne sont pas bandés, du moins ils les tiennent toujours prêts à l’être. Souvent ils sortent de leur cabane en se courbant vers la terre, de façon à ne pas être vus; ils regardent et ils écoutent de tous côtés pour observer ce qui se passe. Aussitôt qu’ils entendent le moindre bruit, tous sont sur pied avec leurs arcs et leurs flèches ; ils courent ainsi pendant la nuit entière de côté et d’autre, où ils pensent pouvoir trouver leurs ennemis.

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Du recyclage

  Je suis tombé il y a peu sur un article intéressant – et sur sa traduction, dont je vais vous parler aujourd’hui. Il concerne, donc, le recyclage et surtout son efficacité à long terme.

 

  Il y est montré de manière intéressante que le recyclage, pour séduisant qu’il puisse paraître, n’est pas aussi efficient qu’on aimerait le croire dans le contexte qui est le nôtre.

 

  Mais laissez-moi détailler un peu. Lire la suite

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Logique : la parole à Aristote.

  Comme j’ai pu vous le promettre, je commence à faire quelques articles concernant le raisonnement et la logique. En commençant par le tout départ pour élaborer ensuite, chaque élément s’appuyant sur les précédents.

 

  Pour commencer, je vous propose un extrait de l’Organon d’Aristote. L’œuvre est assez longue, et ne traite pas uniquement de ce sujet précis. Plus précisément, il est tiré des Seconds Analytiques, disponibles sur Wikisource.

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Relation et naufrages – XXIII, XXIV

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CHAPITRE XXIII.

 

  Nous partons après avoir mangé les chiens.

 

  Quand nous eûmes mangé les chiens, nous crûmes nous sentir assez en force pour nous mettre en marche, et nous quittâmes les Indiens après avoir supplié Dieu de nous servir de guide. Ces gens nous conduisirent chez des naturels de leur peuplade, qui habitaient aux environs. Il plut toute la journée pendant que nous étions en marche. Outre ce désagrément, nous perdîmes notre route, ce qui nous força de nous réfugier dans une grande forêt. Nous recueillîmes une grande quantité de feuilles de tunas, nous les fîmes cuire dans un four que nous avions préparé : nous les chauffâmes tellement, que le matin elles étaient bonnes à manger.

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Vaudeville, ouverture.

Les vœux.

 

  Comme en chaque début d’année, le Trône et la Chancellerie ont adressé leurs vœux. Ils continuent encore : il y a pléthore de groupes qui attendent, à l’arrière-plan, que des vœux leurs soient donnés.

 

  Au début, le public est calme. Puis, au fur et à mesure que s’allongent les discours, des rires se font entendre. Bien sûr, personne n’est dupe : il s’agit de respecter les conventions de mettre en place les personnages. Ainsi, le public non averti prend connaissance des différents rôles, du cadre de jeu, et des nuances entre les personnages.

 

  Bien sûr, personne n’est dupe : le contenu des vœux en lui-même n’a pas grande importance ; et l’on sait bien que ce sont des souhaits exagérés, irréalisables : l’un parle de relancer la croissance, l’autre de renverser la courbe de l’emploi. A croire que l’auteur de la pièce manquait d’inventivité, pour reprendre de tels lieux communs. On entend le mot jeunesse après un moment de flottement : voilà la touche d’originalité. On retrouve le fil de la pièce précédente – avant l’Intronisation – et les spectateurs écoutent de nouveau.

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Vaudeville politique : prologue

  Cela fait quelques temps que je vous parle politique et actualité politique… J’ai donc voulu en faire quelque chose de plus régulier, de plus consistant, et d’un peu décalé – par rapport à mes écrits habituels, j’entends.

 

 

  On parle souvent de scène politique. Alors il m’a semblé judicieux de traduire cette idée dans mes écrits. Car si l’idée peut sembler caricaturale, on a du mal à s’en défaire… Qu’est-ce que cette scène politique, sinon un vaste spectacle auquel nous assistons ? Toute ces affaires sont centrées sur la communication, orchestrée par des communicants, jouées par de acteurs souvent doués, parfois non.

 

  Pourquoi Vaudeville ? Ç’auraient tout aussi bien pu être de simples chroniques. Une question de ton, d’abord : pas toujours sérieux, peut-être un peu caricatural. On verra bien. Surtout, une certaine idée du grotesque : celui de notre classe dirigeante, qui se décline de bien des manières. Une manière de relever l’absurde, l’inconsistant, l’inconstant. Ou encore, une façon de prendre en dérision des choses qui, par ailleurs, ne prêtent pas toujours à rire. Lire la suite

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