Snowden #2

(Dear non-french reader, you might be interested by the followings links : [1] and [2]. In order to read this article, you may want to use things such as Google Translate despite the terrible mistakes. Regards, Al)

 

  Je vous disais que la plupart des informations et analyses liées à Snowden étaient en anglais, je ne reviens pas là-dessus. Si vous maîtrisez sans souci, je peux vous proposer deux liens très intéressants :

1) le webdocumentaire établi par le journal The Guardian, incluant des interviews, des documents sources, quelques analyses. Comptez au moins une demi-heure pour en faire le tour, plus si vous suivez chacun des liens.

2) Cet article écrit par Susan Landau, qui travaille chez Google sur des problèmes liés à la cyber-sécurité, à la vie privée et aux politique publiques.

  C’est cet article-là que je vais reprendre ici, en français, à ma manière. Il a l’avantage de replacer les choses dans leur contexte et d’évoquer les implications sur le long terme, donc je vous avais parlé un petit peu la dernière fois.

 

  Commençons par le contexte. D’un point de vue culturel, les Américain sont très sensibles sur la limitation des pouvoirs du gouvernement. Cela remonte à l’époque de la colonisation britannique, où le gouvernement anglais abusait de ses pouvoirs. Cela a influencé la formation de ce qui est maintenant l’article 4 de la constitution états-unienne, qui spécifie :

« Le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées ne sera pas violé, et aucun mandat ne sera délivré, si ce n’est sur présomption sérieuse, corroborée par serment ou affirmation, ni sans qu’il décrive particulièrement le lieu à fouiller et les personnes ou les choses à saisir. »

 

   Les enregistrements, les écoutes électroniques sont considérés comme des perquisitions : c’est pourquoi les lois qui les régissent (à savoir, une loi sur les écoutes intérieures, et une autre sur les écoutes extérieures, FISA) requièrent que des conditions bien particulières soient remplies. Elles nécessitent toutes deux qu’une forte suspicion soit établie, l’une sur un crime (passé, imminent), la seconde sur l’autre extrémité de la ligne (puissance étrangère).

  Tout cela pour dire qu’ils ne plaisantent pas sur la chose. Surtout après les excès révélés sous la présidence de Nixon, qui raccourcirent son dernier mandat. Un certain nombres de points supplémentaires ont été inclus dans les lois FISA, pour restreindre les pouvoirs des différences agences gouvernementales (FBI, NSA, et les autres). Tout ceci resta a peu près calme jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, qui changèrent quelque peu la donne.

 

  On avait déjà parlé du tournant pris par les USA à cette période, avec les Patriot Acts notamment. Exemple concret ici, les contraintes se sont relâchées, la NSA a pu commencer sous l’ère Bush à mener des écoutes sans mandat sur les communications internationales vers ou depuis les États-Unis. De manière illégale et secrète, mais même une fois révélée (en 2005), cette pratique a été tolérée au nom de la lutte contre le terrorisme.

  Après coup, une base légale a été instaurée par la loi, et les compagnies qui avaient (illégalement) coopéré avec la NSA ont même eu droit à une immunité rétro-active. Plus loin encore, tant que la cible n’est pas un citoyen américain, les mandats peuvent être délivrés par « classe », non plus individuellement. Les premiers documents révélés par Snowden montrent également que l’interprétation de la loi se fait de plus en plus large, et que, de manière générale, il en est de même pour leur application, dans le domaine des écoutes.

 

  Je m’arrête là pour l’instant, l’article est long et il reste beaucoup à dire… J’attends toujours vos avis, opinions sur la chose !

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2 réponses à Snowden #2

  1. Zipanu :

    C’est évident que l’espionnage par les moyens technologiques modernes est au point et probablement techniquement sans limites. Mais ce n’est peut-être pas aussi incontournable que cela, il faut qu’ils prouvent de l’efficacité de ces collectes de données dans des cas précis. Le pouvoir est immense, et je pense que le pouvoir corrompt, que rien n’est totalement intègre, on imagine toutes les dérives que cela peut avoir, il suffit de quelques intrusions, de quelques influences, et certains peuvent s’accaparer des avantages effrayants, entre de mauvaises mains c’est terriblement dangereux pour le monde entier.

    L’article de la constitution c’est un pied de nez aux arguments politiciens.

    Bien sûr on se dit que les gens qui bossent dans l’informatique interprètent un peu trop le monde par rapport à leur activité, que le gars est un peu idéaliste par dessus le marché, que d’aller se réfugier chez les chinois ou les russes, franchement…
    C’est le monde du dématérialisé, et ça parle à peu de gens.

    Affaire à suivre !

  2. chico :

    je vous recommande une séquence de cours de scPo sur y**tube, l’intervenant est Fabrice Epelboin. J’y ai appris l’utilisation du deep packaging (ça marche depuis un bout de temps) ou l’existence de sociétés comme Palantine, par les anciens de Paypal.
    Les outils d’analyse de la collectivité que nous sommes deviennent tr(op?)ès performants. L’interprétation des résultats nous en promet de belles, comme de bien sombres, pour l’avenir.

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