Un pouvoir vertueux ?

  Une question me trotte dans la tête, au vu des événements récents et moins récents : quel pouvoir politique existe-t’il, qui ne soit pas entaché par un petit parfum de scandale ? Je précise : le phénomène semble général dès que l’on se place en Occident, à un échelon important de pouvoir. Peut-être pas systématique mais très fréquent à mes yeux. D’où, mon interrogation sur le lien entre scandale (au sens large : corruption, affaires, etc…) et pouvoir.

  Le premier lien, le plus évident, est celui de cause à effet : plus on a de pouvoir, plus on a de casseroles. On devient plus célèbre, plus de personnes vous connaissent, donc le nombre de langues de vipère augmente. C’est mécanique, irrésistible, et diffamant : « quand on est connu on raconte n’importe quoi sur vous ». Notre blanche colombe politique fait juste face à plusieurs crapauds.

  Curieusement, bien que beaucoup se vantent d’être « réalistes » bien peu se définissent autrement que par ce principe de la blanche colombe.

   On peut mener le raisonnement inverse : les « affaires » et autres arrangements mènent au pouvoir : ceux incapables d’un peu de malhonnêteté restent confinés au bas de l’échelle. L’idée est alors qu’il ne faut pas être trop honnête, si l’on veut accéder aux marches du trône. Ce qui expliquerait que, fatalement, dès que l’on s’intéresse à une personne de pouvoir et d’influence, on découvre des choses « étranges ».

  Le problème avec ces deux points de vue, bien qu’ils soient tout à fait défendable, est qu’ils sont plutôt naïfs. L’homme politique, saint ou damné¹ ? La question n’a pas vraiment de sens, en fait. Et concernant le lien scandale/pouvoir, il est fort possible qu’il ne soit pas direct, ni dans un sens ni dans l’autre².

  Une idée alternative : qu’en est-il de l’influence de l’exercice du pouvoir sur quelqu’un ? Est-ce que, mécaniquement, presque fatalement, avoir du pouvoir et de l’influence ne conduit pas à une sorte de mégalomanie de celui qui se croit capable de tout ? Certains n’ont clairement plus les pieds sur terre. Beaucoup se voient (ou semblent se voir) comme des archanges descendant des cieux¹ avec leur épée de flamme pour bouter les démons que sont chômage, pauvreté, et récession  hors du pays. Dur de nier la mégalomanie dans ce cas ! D’où, les conséquences qu’on connaît.

 

 

¹ Métaphoriquement : il n’est bien sûr pas question de religion ici.

² La nuit succède au jour, mais ce n’est pas la nuit qui cause le jour, n’est-ce pas ? Les deux ont pour origine le même phénomène.

Tagged , , .Bookmark the permalink.

3 réponses à Un pouvoir vertueux ?

  1. Fifi :

    Si l’on se trouve en situation d’exercer un pouvoir et si cela est rendu possible c’est parce que des personnes font reposer des responsabilités sur des autres en fonction de leurs capacités revendiquées à être capables de tout.
    C’est un système aliénant, car une fois que l’on a tout ces enjeux et ces attentes sur les épaules, les chevilles enflent et l’égo avec.
    Mettons tout ça en exercice et c’est un cercle vicieux qui commence à tourner, parce qu’une fois que l’on possède le pouvoir, on ne peut plus se remettre en cause car ça serait remettre en cause la confiance qui nous a été initialement accordée.
    De plus l’exercice du pouvoir se situe dans l’action, or trop d’action n’est point parfois au dépend de la réflexion et du recul nécessaire ?
    Le pouvoir corrompt et notre culture ne manque pas d’histoires à ce sujet et où renoncer au pouvoir est le seule remède possible.

  2. Alain Ternaute :

    Les hommes de pouvoir ont TOUJOURS travaillé à assoir et conserver leur pouvoir. Jamais l’inverse ne s’est produit une seule fois dans l’histoire de l’humanité !
    Si ce fait ne peut pas nous certifier d’une éventuelle future exception, il nous prouve l’immense généralité de la répétition de ce fait (principe de la statistique).

    De ce constat, l’on peut déduire cette règle d’or :
    Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les limites de leurs propres pouvoirs.

    • Alain Ternaute :

      J’ai oublié un point capital : « Les gens bons ne se soucient pas de gouverner » (Alain, dans son excellent recueil de pensées « Propos sur le pouvoir »).
      Constat visible et de tout temps vérifiable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Anti-Spam Quiz: